NCE fait le point sur la future centrale électrique

Nouvelle-Calédonie énergie, qui s’occupe de la gestion du projet de futur centrale électrique, a fait parvenir un communiqué aux rédactions afin de faire le point sur l’avancée du projet. Un dossier controversé qui a valu une mise en examen au député Philippe Gomès. Le changement de majorité devrait conduire très prochainement à un changement à la tête de la structure.

NCE a donné de ses nouvelles. C’est une information en soit tant la communication autour de ce projet, porté par la société Nouvelle-Calédonie énergie, était verrouillée. Un manque de transparence qui a fini par susciter la polémique.

Pour rappel, le groupe politique Calédonie ensemble avait fait le ménage en écartant soigneusement la totalité des représentants des autres groupes politiques au sein du conseil d’administration de Nouvelle-Calédonie énergie. NCE a également valu au député Philippe Gomès une mise en examen pour prise illégale d’intérêt. En effet, le responsable politique ne pouvait pas cumuler sa fonction de parlementaire avec celle de président d’une société publique. Pour tenter de conserver ce poste, il avait tout mis en œuvre, jusqu’à renvoyer un collaborateur qui l’alertait sur l’incompatibilité des deux fonctions.

Depuis, le tribunal de première instance de Nouméa a ouvert une information judiciaire et mis Philippe Gomès en examen. Mais les atermoiements du député pour conserver la tête de NCE ont engendré des retards importants, ce qui enlève de fait un peu d’urgence et permet de prendre en compte de nouveaux éléments.

Trois critères

Comme l’explique le communiqué, le choix technologique n’est pas encore arrêté, ajoutant que plusieurs études viennent d’être lancées afin d’examiner en détail plusieurs options. L’idée est de pouvoir offrir la solution la plus compétitive pour la SLN et le réseau public calédonien, «tout en diminuant drastiquement l’empreinte environnementale ». De fait, les critères de choix de la technologie seront le coût de production du kilowatt. L’objectif fixé est de le réduire de 30 % par rapport à celui de l’actuelle centrale de Doniambo.

Le second critère sera l’empreinte environnementale. En matière d’émission de CO2, l’ambition est de la réduire de 50 %. L’idée est la même en matière d’émission de poussières, d’oxyde d’azote ou encore de dioxyde de soufre en les divisant par sept. Là encore, on peut s’interroger sur le fait que la technologie ne soit pas encore choisie, mais que dans le même temps, NCE présente un bilan carbone qui semble parfaitement coller avec un projet de centrale au gaz. On peut également se demander si l’empreinte environnementale prend en compte la technique d’extraction du gaz qui est pressentie. Il pourrait bien s’agir d’un gaz de schiste australien très polluant. Un non-sens environnemental qui consisterait à exporter l’impact calédonien. Des pratiques qui pourraient par ailleurs être remises en cause par des États plus sensibles à la question environnementale.

Le dernier volet sera l’intégration des entreprises locales dans le projet, l’idée étant de leur permettre un maximum de retombées. Le contrat pour les études de faisabilité a été confié à Sofresid, une filiale de Saipem, une entreprise italienne qui a défrayé la chronique pour des affaires pots de vin et dont l’ancien président a été envoyé en prison en 2018.

Le choix de cette société a été décidé par le comité de direction de NCE. Il est à noter que très peu d’informations, sinon aucune, sont disponibles sur le fonctionnement et la composition de ce comité de direction et, plus généralement, sur le fonctionnement de NCE.

Un calendrier optimiste

Selon le calendrier présenté, le choix de la technologie pourrait être décidé à la fin du dernier trimestre 2019. Les années 2020, 2021 et 2022 seront consacrées à l’obtention des permis, des études, du financement et de la construction pour un raccordement prévu en 2023. Un calendrier qui ne semble pas prendre en compte les délais nécessaires à la mise en service qui sont généralement de 18 mois et encore moins des retards fréquemment observés sur ce genre de chantier.

En matière de dimensionnement, NCE précise que les premières études font ressortir un besoin de 200 MW. Une puissance qui correspond surtout au besoin de la SLN, la consommation publique qui se surajoute étant nettement plus faible. Si NCE précise qu’environ 20 % du dimensionnement de la centrale sont censés répondre aux besoins de la distribution publique, on peut s’interroger sur cette part qui est très largement supérieure aux besoins réels, d’autant que l’objectif du schéma de transition énergétique est d’atteindre une couverture de 100 % de la distribution publique à très court terme. La couverture de la distribution publique pourrait également être obtenue la nuit grâce à des installations de stockage de l’énergie produite par les énergies renouvelables.

Les résultats d’études sur cette question doivent être prochainement présentés à Enercal. Et c’est sans compter sur la réduction des consommations, un des éléments incontournables de la transition énergétique.

M.D. 
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