Musée de la Nouvelle-Calédonie : Le grand déménagement

Le chantier d’extension et de rénovation du musée de Nouvelle-Calédonie débute en ce mois d’août pour deux ans. Près de 9 000 objets doivent être déplacés et protégés.

« C’est le plus déménagement d’objets d’art jamais organisé en Nouvelle-Calédonie » explique Marianne Tissandier, en charge des collections du musée. Près de 9 000 œuvres sont concernées dont 4 200 pièces kanak qui n’ont pas d’équivalent dans le monde. En prévision de ce chantier d’ampleur, depuis plusieurs mois, toute l’attention s’est portée sur ces œuvres à déménager.

Les pièces en réserve

Trois docks ont été aménagés à Païta entre 2016 et 2017. Cette réserve externalisée de 600 mètres carrés désormais achevée est « la plus grande et la plus complète du territoire ». Elle a été pensée pour recevoir tout type d’œuvres dans des conditions d’hydrométrie et de température satisfaisantes. Elle dispose de grands accès pour les pièces imposantes, de chambres froides, de 150 panneaux photovoltaïques pour limiter la facture en électricité.

Les équipes ont procédé à un bilan des collections, puis ont évalué les besoins en conditionnement. Le conditionnement, l’étiquetage, l’emballage des pièces en réserve a débuté dès septembre 2016 et depuis la fermeture du musée, les équipes s’attellent aux pièces de l’exposition permanente, dont certaines sont monumentales et très lourdes. Tous les objets doivent être traités contre les insectes, puis ont vocation à être congelés. La pression est importante : « On ne déménage pas des chaises, mais des collections uniques et irremplaçables », souligne Marianne Tissandier. Ce travail spécifique de déménagement « présentant un intérêt pour tout le monde » a associé plusieurs partenaires du monde culturel.

Cette réserve aura vocation à rester une fois que les œuvres auront réintégré le musée. Elle permettra notamment à la Nouvelle- Calédonie d’assurer qu’elle a les moyens d’emprunter des objets kanak des musées nationaux.

Nouvelle identité

Le gros des travaux doit débuter en novembre, avec une livraison prévue en octobre 2021 et une ouverture début 2022. Le chantier va être délimité par quatre palissages illustrés qui présenteront le futur projet de musée. Deux hublots sont prévus sur chaque façade pour permettre aux passants de suivre son évolution.

L’opération de 2 milliards de francs, financée par la Nouvelle-Calédonie et l’État (70 % – 30 %) dans le cadre des contrats de développement, prévoit une extension d’une surface de 2 500 mètres carrés, une rénovation des 2 200 mètres carrés du bâtiment actuel et un réaménagement des espaces extérieurs sur 3 900 mètres carrés, le tout, selon les préceptes d’un « chantier vert ».

L’architecte Gaëlle Henri et le cabinet bordelais Why Architecture ont imaginé un bâtiment original entouré d’écailles en acier Corten et en bois fabriquées localement. Le parvis d’accueil et les jardins deviendront une véritable place publique ouverte sur le Mwâ Kââ, le marché et le port. « La volonté est que le musée devienne une porte ouverte sur la Nouvelle-Calédonie, la culture kanak et celles des autres communautés », a commenté Didier Poidyaliwane, récemment installé au secteur de la culture du gouvernement.

En attendant de découvrir ce musée dont le nom n’est finalement pas encore acté (on avait parlé du « Muz », mais il ne serait pas considéré comme étant suffisamment local), les collections demeurent accessibles en ligne pour le public et les chercheurs. Des expositions itinérantes sont également envisagées ainsi qu’une participation du musée aux principaux évènements culturels comme les Journées du patrimoine, la Nuit des musées, etc.

C.M.

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