L’union est scellée

L’avenir en confiance a lancé sa campagne pour les provinciales, samedi, en invitant les Calédoniens à l’hippodrome Henry-Milliard pour un grand meeting bleu-blanc-rouge. Un évènement qui a permis d’annoncer haut et fort l’intention de ger l’union des « vrais » loyalistes pour les prochaines échéances électorales. L’occasion aussi de rappeler la ferme volonté de rester dans la France et de tacler les indépendantistes et nationalistes.

Pari réussi pour la liste de L’avenir en confiance qui avait à cœur d’associer son lancement, comme il se doit, avec ses sympathisants. Environ 2 200 personnes, selon L’avenir en confiance, ont fait le déplacement à l’hippodrome Henry-Milliard malgré les caprices de la météo.

C’est dans une ambiance très patriotique sous les couleurs du drapeau bleu-blanc-rouge que se sont succédé les représentants politiques de la jeune génération, fruit de l’alliance des Républicains calédoniens, du Rassemblement et du MPC.
Virginie Ruffenach a été la première à prendre la parole sur l’estrade en rappelant que l’enjeu des provinciales était de taille, que « cette union des loyalistes n’était pas gagné d’avance, mais qu’elle est le fruit de dépasser, ce qui hier, semblait une limite infranchissable. » Et de poursuivre : « Nous sommes réunis aujourd’hui pour marquer un tournant de notre histoire, une nouvelle page de notre avenir (…) il s’agit d’une volonté qui repose sur des attentes, celui de réconcilier la famille loyaliste (…) de mettre fin à une mauvaise gestion, (…) et de porter un projet. » Pour Gil Brial : « Nous avons tous fait des erreurs, nous en avons conscience, nous n’en ferons plus, c’est le sens de notre union aujourd’hui. »

Une nouvelle page

Willy Gatuheau a poursuivi les interventions en saluant tout d’abord tous ceux « qui nous ont précédés » et en accentuant son discours sur ce front loyaliste « constitué d’une nouvelle génération ». Le nouveau maire de Païta, er de ses origines, a tenu à saluer également la communauté océanienne avant d’affirmer au sens plus large que « le pouvoir sera rendu à ceux qui le méritent » et qu’il fallait pour cela mettre un terme « au nationalisme quotidien. (…) On a perdu beaucoup de temps à se battre contre les indépendantistes. Aujourd’hui, on doit se battre pour la France », a-t-il ajouté.

« Il est de notre responsabilité de prendre le relais », a renchéri Isabelle Champoreau, en martelant son discours par « nous avons choisi la France, cette volonté doit être respectée » en référence au résultat du référendum de novembre. Cette union des loyalistes est à considérer comme « un acte d’espoir en l’avenir, de détermination et de conviction, un acte de résistance (…) Les Calédoniens veulent aujourd’hui que leur volonté soit respectée, ils veulent une équipe capable de se fédérer sur l’essentiel pour préparer l’avenir institutionnel et gérer au mieux les sujets de la vie quotidienne. Nous sommes là et nous allons œuvrer en ce sens ».

Selon les représentants de la liste, ce regroupement était une « nécessité absolue », une nouvelle page qui se tourne avec « une union qui tire les leçons du passé, une nouvelle génération de femmes et d’hommes, qui doivent et peuvent construire un avenir en confiance dans la France ».

Le rempart des Calédoniens

Christopher Gygès a tenu ensuite à rappeler le « triste bilan » de la mandature de Calédonie ensemble et « l’association avec les indépendantistes ». L’élu a dressé un constat accablant du quotidien sur l’insécurité, l’augmentation des prix, les protections de marché, la situation de la SLN, le lien social. Pour lui , « il faut tout relancer dans une démarche d’un maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France que la situation économique, sociale et sécuritaire change grâce à notre projet. Un projet porteur d’espoir qui a la véritable ambition de retrouver des libertés que nous avons perdues ces quatre dernières années (…) On a besoin de vous, est-ce que vous êtes prêts ? », a-t-il lancé à la foule.

Gil Brial et Philippe Blaise sont allés dans le même sens, fustigeant les indépendantistes et nationalistes. « Leur association ne veut qu’une chose : détruire la Nouvelle-Calédonie. À nous de faire barrage. Nous ne pouvons pas les laisser faire, il ne faut pas que la Calédonie devienne une République bananière ! Nous devons être le rempart des Calédoniens contre l’indépendance et le racisme », a lancé Philippe Blaise.

Tous Calédoniens

Après l’intervention remarquée et applaudie de Laura Vendegou, prônant le rôle de la femme kanak dans la société, Thierry Santa et Sonia Backes ont pris la parole en rendant tout d’abord un hommage aux anciens, puis faisant le vœu d’un changement.

Sous les applaudissements de la foule, Thierry Santa a tenu a tenu à préciser : « Que les Kanak aspirent à la dignité, chacun peut le comprendre (…) Mais je veux l’affirmer avec force devant vous, nous ne sommes plus au 19e siècle où la quasi- totalité des pays du monde étaient colonisés. Nous sommes au 21e siècle et aucun Calédonien n’a de dette coloniale envers qui que ce soit. Quels que soient notre communauté et nos métissages, nous sommes Calédoniens à part entière et personne ne peut le contester (…). Nous nous engageons à être davantage à votre écoute et à faire de vous notre essentiel. Vous avez des choses à nous dire et il est de notre responsabilité de vous écouter. Nous mettrons en œuvre des outils afin de vous permettre de vous exprimer sur tous les sujets importants de votre vie. »

Second référendum et exclus

Sonia Backes a conclu les prises de parole en réaffirmant la satisfaction d’avoir aujourd’hui une famille politique enfin réunie, une famille pour rester dans la France. « L’union est là, elle est solide. Elle nous permet de parler d’une même voix pour agir ensemble et défendre notre conviction profonde, celle qu’en Nouvelle- Calédonie, un avenir en confiance ne peut se concevoir que dans la France. Car depuis quinze ans, nous assistons contre notre gré et celui de la majorité des Calédoniens à un éloignement de la France. Depuis quinze ans, nous voyons partout les conséquences désastreuses d’une politique socialiste, dirigiste et pro-indépendantiste qui se construit au détriment de l’intérêt général des Calédoniens. » Sonia Backes a poursuivi son discours en indiquant que les priorités du projet de campagne de L’avenir en confiance seraient basées sur « une liberté d’entreprendre, de circuler, de s’exprimer, de construire, d’innover. »

Mais on retiendra, dans son intervention, deux annonces fortes. Si les Calédoniens font confiance à l’union le 12 mai prochain, « nous déclencherons le plus rapidement possible le second référendum. (…) Notre amour pour la France nous allons le faire connaître. Et je vous assure que le prochain référendum, nous allons le gagner plus largement que la première fois ». Deuxième annonce, les exclus du corps électoral. « Comment parler d’égalité lorsque plus de 40 000 de nos compatriotes qui vivent à nos côtés, parfois depuis plus de 25 ans, sont exclus du droit de vote aux élections provinciales ? » Et ainsi de clamer : « C’est pourquoi dans les discussions qui s’ouvriront au lendemain des élections, nous nous engageons à défendre l’ouverture de la citoyenneté comme la condition sine qua non à toute négociation sur un futur statut institutionnel. »

Sonia Backes a conclu les discours de ce rendez- vous patriotique par un appel à voter le 12 mai prochain. Celle qui mène la liste de L’avenir en confiance en province Sud a tenu à préciser que les Calédoniens ne pouvaient pas avoir voté non au référendum et voter « pour un parti nationaliste qui sert de marchepied aux indépendantistes et cherche à se débarrasser doucement de la France pour mieux asseoir son pouvoir personnel. Quand on a voté non au référendum, on vote pour la seule liste qui défende sans ambiguïté le maintien de la Calédonie dans la France. On votera le 12 mai prochain pour L’avenir en confiance ! »

C.S

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