L’UC en ordre de marche pour 2020

Réunie en congrès le week-end dernier à Canala, l’Union Calédonienne a établi sa feuille de route pour atteindre l’indépendance en 2020 ou 2022. Celle-ci s’articulera en particulier autour d’une mobilisation accrue des militants, l’intégration de la jeunesse au sein des instances et l’ouverture aux autres communautés.

Selon les dires du président Daniel Goa, reconduit dans ses fonctions pour une nouvelle mandature 2018-2019, c’est un congrès « apaisé » qui s’est déroulé à Canala dans « une ambiance nouvelle », loin visiblement des tumultes habituels. Le référendum a apporté un vent de « sérénité » sur le plus vieux parti indépendantiste qui se projette plus que jamais dans l’avenir.

Comité

L’avenir ce sera en premier lieu le Comité des signataires. Pour l’Union Calédonienne la réunion à Paris ne pourra se passer d’un bilan du référendum. « Ce n’est pas un Comité des signataires comme les autres argues Pierre Chanel Tutugoro, nouveau secrétaire général. On sort d’un évènement historique et il ne faut pas minimiser ce que l’on vient de vivre ». L’UC veut en particulier savoir quelle lecture politique fait l’État sur la consultation et souhaite aussi obtenir « les écrits », en d’autres termes le rapport de la commission de contrôle de l’élection qui doit servir « à parfaire les analyses pour faire au mieux en 2020 ». Il s’agira aussi d’évoquer « les manquements dans l’organisation » même si « globalement tout s’est effectivement bien passé ».

L’UC prévient qu’elle ne participera pas en revanche à des discussions économiques et sociales ou sur le corps électoral, si elles devaient avoir lieu. Le parti s’est également interrogé sur la légitimité du fameux groupe de dialogue qui n’a jamais véritablement fonctionné et attend de voir ce que fera l’État à ce sujet. Il serait peut-être question d’en réduire le format.

Démarche unitaire

Viendront ensuite les élections provinciales. L’objectif avancé est là très clair : remporter un maximum de sièges au Congrès. L’UC va jusqu’à espérer une majorité indépendantiste à au moins 28 élus, soit trois de plus qu’actuellement. Il leur faudra quoi qu’il en soit un minima de 18 élus pour former un tiers de l’hémicycle, condition pour demander « dès que possible » soit en novembre 2019, la tenue d’un second référendum en 2020. Pour atteindre ces objectifs, l’UC est sur la même longueur d’onde que le Palika : partir sur une démarche unitaire aux provinciales pour se renforcer. Cette stratégie sera discutée par les différentes formations ce samedi 8 décembre lors du congrès du FLNKS.

Structuration

L’Union Calédonienne entend se retrousser les manches dès ce mois de décembre. Il faut convaincre les électeurs de se mobiliser pour les provinciales, les inciter à s’inscrire avant le 31 décembre, et à se déplacer le jour J. Ensuite, il faut affiner le projet de société de l’indépendance, et convaincre au-delà des kanak. « 300 000 habitants pour gérer l’indépendance, c’est peu » lance Daniel Goa qui estime à 15 000 ou 20 000 électeurs les non-kanak ayant voté pour le oui. Selon lui, « l’allié actuel, ce n’est pas la France, ce sont d’abord les Calédoniens entre eux ».

Pour ce faire, le bureau nouvellement élu a besoin de structures « vivantes, vigoureuses ». Les jeunes, qui commencent à se mobiliser, « doivent s’engager », ou continuer à se former dans les filières historiques, économiques etc. pour développer le projet de société explique Pascal Sawa, jeune 2e secrétaire général adjoint. Les femmes sont également trop peu nombreuses nous dit-on et un travail est à engager sur cette question.

« Préparons-nous ensemble pour élever notre nation », voilà finalement le mot d’ordre de l’Union Calédonienne pour cette nouvelle mandature a résumé Gilbert Tyuienon, 2e vice-président, qui insiste sur le fait que l’indépendance vue par le parti n’est « pas dans le conservatisme », mais « dans les réformes, les avancées ».

C.M.

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