L’innovation, ça se travaille

Le premier Salon de l’innovation s’est tenu du 3 au 5 octobre. L’occasion de plancher sur les moyens qui pourraient être mis en œuvre afin d’accompagner la transition nécessaire de l’économie calédonienne. Une transition qui passera nécessairement par la formation.

L’innovation est des dernières injonctions à la mode. Il s’agit ni plus ni moins de ce que l’on appelle aussi les fruits de la recherche et du développement ou plus simplement de la créativité. Le premier Salon de l’innovation, proposé par le Pacific FabLab, a toutefois permis de toucher du doigt les grandes réflexions qui traversent le monde au travers d’intervenants parmi les plus renommés de cette sphère mondiale des FabLab ou autres makerspaces (espaces qui permettent d’avoir accès à des machines, mais qui visent surtout à mettre en réseau les connaissances afin de développer des projets).

David Li, cofondateur du premier makerspace en Chine, a d’ailleurs profité de l’occasion pour inaugurer un nouveau réseau, Fab Ocean, destiné à traiter des problématiques, comme son nom l’indique, liées à l’océan. L’idée est également de créer des réseaux entre les îles du Pacifique. Au-delà de la technologie, c’est bien une autre vision de la société qui est sous-tendue par ces makerspaces. Une vision beaucoup plus horizontale où chacun a une place et sa pierre à apporter. Ces structures hybrides sont parfois décrites comme les pépinières du modèle post-capitaliste qui permet à chacun de se réapproprier les outils de production et potentiellement de mettre un terme à la société de consommation telle qu’on la connaît aujourd’hui.

Si transition il doit y avoir, elle passera nécessairement par la formation. Des conférences ont été données sur le sujet et, mieux encore, des visites ont été organisées dans des établissements scolaires du privé. Thomas Lao, enseignant à la Pui Ching Middle School de Macao, était présent avec une délégation de ses élèves. L’occasion pour les collégiens calédoniens de découvrir la réalité de l’enseignement à Macao.

L’école dispose de plusieurs pôles autour des sciences ou des mathématiques. L’établissement accueille également un Fablab dont la vocation est de plancher concrètement à l’amélioration de la compétitivité. La première différence porte sur les moyens qui paraissent dérisoires sur le territoire par rapport à ces structures d’excellence telles que la Pui Ching Middle School.

Le rapport entre élèves et enseignants est tout aussi différent. Dans la logique des Fab Lab, l’enseignement est nettement moins vertical avec des enseignants qui savent et des élèves qui doivent apprendre. L’idée essentielle est que l’enseignement doit stimuler l’apprentissage. Les élèves doivent donc travailler sur des projets bien concrets. Contrairement au modèle français, les élèves pratiquent avant de chercher à théoriser. Une méthode qui permet de donner du corps et du sens aux enseignements théoriques et motivent les élèves.

Les étudiants, à peine plus âgés que nos collégiens et par classe de 50, n’hésitent pas à travailler 45 heures par semaine, non par obligation, mais pour mener à bien leur projet. Le fait d’être en Fab Lab les pousse à travailler en groupes, de façon à comprendre l’intérêt de l’intelligence collective. Depuis cinq ans, l’école présente un concours international de drones sous-marins, un concours où s’illustrent régulièrement les élèves de Thomas Lao.

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