Les navettes maritimes enfin à flot

Les premières navettes maritimes ont relié le Mont-Dore à Nouméa lundi matin. Un service attendu par certains Mondoriens qui leur fera gagner du temps et de l’argent. La phase test, prévue pendant quatre mois et demi, devrait se poursuivre jusqu’au mois de décembre.

Lundi, 6 heures, les premiers passagers empruntant les navettes maritimes reliant le Sud du Mont-Dore à Nouméa ont été particulièrement chanceux. Mer calme, grand soleil, tortues et requins étaient au rendez-vous. Ce sera désormais le quotidien des Mondoriens qui feront le choix de ce mode de transport pour se rendre à Nouméa au départ du wharf des Dauphins, au Vallon-Dore. Un quotidien qui dépendra tout de même de la météo. Les Affaires maritimes ont d’ailleurs fixé un seuil de vent maximum de 27 nœuds au-delà duquel les navettes n’assureront plus de rotation.

Après une traversée de 35 à 40 minutes, les premiers passagers sont tout simplement conquis. Ils n’y voient que des avantages. La plupart de ceux que nous avons pu rencontrer travaillent à proximité de Port-Moselle, point d’arrivée des navettes. Le gain de temps est donc considérable puisqu’ils peuvent gagner jusqu’à une heure de transport, en fonction de conditions de navigation. Un gain important qui constitue un argument important. Autre argument de taille, les navettes représentent un gain financier substantiel. L’un des premiers passagers expliquait avoir un budget essence de l’ordre de 20 000 à 25 000 francs par mois. Les navettes lui reviendront à 11 000 francs par mois.

Des passagers enthousiastes

Si les premiers passagers sont très enthousiastes, il reste cependant de nombreux détails à régler. On peut d’ailleurs s’en étonner si l’on considère que le dossier est sur la table depuis une dizaine d’années. Les navettes ont ainsi été sollicitées à la mi-décembre, un délai court qui n’a pas forcément permis de se préparer au mieux à ce nouveau service, assez différent du taxi-boat classique, notamment en raison de la clientèle pas toujours équipée pour une sortie en mer en semi- rigide. Il se pose également la question des vélos. Si la possibilité d’embarquer deux vélos était annoncée, les prestataires n’étaient pas équipés et préféraient ne pas les autoriser. Le SMTU assure pourtant qu’il est possible de prendre son vélo.

L’intermodalité est une autre question. Si l’arrivée à Port-Moselle est pratique pour les voyageurs qui se retrouvent en plein centre de Nouméa, il est prévu à terme qu’ils débarquent au wharf de RFO, au niveau du rond-point de l’Eau vive. Un arrêt qui posera la question des relais que pourront trouver les passagers une fois arrivés à destination. Les horaires sont une autre difficulté qui devrait être compliquée à surmonter. En hiver, les derniers départs seferontà16h30,cequiestunpeutôt.Les navettes sont toutefois tenues par le coucher du soleil.

On notera également une taille des embarcations relativement faible. Deux bateaux-taxis de 12 places se relaient pour faire quatre allers le matin et deux le soir. La possibilité d’effectuer des retours le matin est en train d’être étudiée. Actuellement, les passagers peuvent seulement se rendre du Mont-Dore vers Nouméa le matin, et de Nouméa vers le Mont-Dore l’après-midi.

Un coût important pour la collectivité

Autant de détails plus ou moins importants qui devront être examinés pendant les quatre mois et demi de l’expérimentation qui devrait être poursuivie jusqu’au mois de décembre. Et si les navettes sont financièrement intéressantes pour les passagers, la formule actuelle l’est nettement moins pour la collectivité. Chaque trajet coûte 2 800 francs. Une somme à laquelle on peut retirer le prix du billet de 280 francs, soit un coût net pour la collectivité de 2 520 francs. En sachant que 96 personnes peuvent être transportées chaque jour, la facture est de 241 920 francs, soit 1,2 million de francs par semaine. Sur la durée de l’expérimentation, le coût pour la collectivité sera de l’ordre d’une vingtaine de millions de francs pour un peu plus de 8 600 passagers.

Un coût non négligeable pour un impact relativement faible sur la circulation. Si l’expérimentation doit être transformée en service pérenne, il sera probablement nécessaire d’engager une réflexion sur les bateaux les plus adaptés permettant d’assurer un minimum de rentabilité ou du moins de limiter les coûts pour le SMTU.

Pour réserver sa place, il suffit d’appeler le 46 75 38.

M.D.

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