Les loyalistes apportent leur soutien à la SLN

La grève de la SLN inquiète. Si le Metal Bulletin, site d’information de l’industrie minière, en faisait état dans ses colonnes ces derniers jours, Le Figaro et Investir sont allés plus loin en affirmant que cette situation mettait la SLN en difficulté, entraînant une chute brutale de l’action Eramet. Côté politique, si les loyalistes apportent leur soutien à la SLN, Calédonie ensemble en pro te pour défendre la politique de son gouvernement.

Pour les loyalistes, au-delà d’un coût de production trop élevé, la SLN est aujourd’hui victime « d’actes de malveillance ». Du côté du Rassemblement-LR, on se penche essentiellement sur les difficultés économiques de l’entreprise et notamment sur l’approvisionnement. Thierry Santa constate avant tout que « les difficultés d’approvisionnement subies aujourd’hui par la SLN mettent en péril sa production (…) et la seule solution à court terme pour qu’elle surmonte cette impasse financière est d’obtenir rapidement des autorisations d’exportation de minerai à faible teneur ». Pour le MPR, son président, Gil Brial, tient à préciser que son parti apporte « son soutien à la SLN et ses salariés » et appelle les parlementaires calédoniens et toutes les formations politiques « à se mobiliser ».
Mais ce sont bien les Républicains calédoniens qui enfoncent le clou en apportant un soutien « total » aux employés de la SLN et demandent que « le groupe Eramet, mais également tous les pouvoirs publics, provinces, gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et État, se mobilisent pour préserver l’outil industriel et les milliers d’emplois directs et indirects qui en dépendent. »

Le silence des provinces

Les Républicains calédoniens vont d’ailleurs plus loin et pointent du doigt l’immobilisme des provinces. « Les trois provinces détiennent 34 % du capital de la SLN au travers de la STCPI et on ne peut que s’étonner de leur silence face aux menaces qui pèsent sur l’entreprise », disent-ils. Le parti reste convaincu que pour déployer le plan de compétitivité de la SLN destiné à baisser son coût de revient et assurer sa survie, il est impératif que « les approvisionnements en minerai de Doniambo soient libérés et que soit mis un terme aux blocages, criminels ou téléguidés, par des considérations politiques qui menacent d’entraîner la fermeture d’un four, la perte de centaines d’emplois et la fermeture du centre minier de Népoui ».

Le parti de Sonia Backes suggère que le coût de l’énergie puisse être baissé rapidement, « notamment en respectant le calendrier promis de livraison de la nouvelle centrale et que le gouvernement local rende compte publiquement de la situation de ce projet porté aujourd’hui par NCE ». Les Républicains calédoniens proposent aussi que soient accordées à la SLN, comme cela a été validé par le dernier Comité des signataires, « les exportations de minerai pauvre destinées à apporter des revenus complémentaires pour soutenir les emplois et la trésorerie de l’entreprise ».

Enfin, si l’on entend de plus en plus parler de « complot » anti-SLN avec l’opposition du FLNKS aux exportations de minerai pauvre, conforté par « ceux qui ont fait main basse » sur le projet de la centrale, les Républicains calédoniens dénoncent « les diverses manœuvres à caractère politique de ceux qui, au nom de la doctrine Nickel de mainmise politique sur la ressource, intriguent pour faire fermer l’usine de Doniambo et mettent ainsi en péril des milliers de salariés, les comptes de la Cafat et par là même toute l’économie calédonienne ».

La réponse de Calédonie ensemble…

Rien ne va plus du côté du parti au pouvoir tant il doit multiplier les excuses ou justifier sa politique et celle de son gouvernement. Des réponses qui semblent de plus en plus dénuées de sens et si extravagantes que des yeux extérieurs peuvent se demander si c’est vraiment le parti au pouvoir.
Ainsi, en réponse à Thierry Santa sur les autorisations d’exportation de minerai à faible teneur, le parti de Philippe Gomès indique que « sauf que voilà, aucune demande d’autorisation d’exporter n’a été déposée sur le bureau du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie par la SLN…. et pour exporter, il est nécessaire de pouvoir exploiter les mines ».

Le parti poursuit en s’en prenant ensuite aux Républicains calédoniens par une très laconique phrase, digne des bancs d’école : « Si le ridicule tuait, ce mouvement aurait dû s’auto-dissoudre au terme de ce communiqué ». Est-ce bien la réponse que l’on attendait d’un parti au pouvoir ? Et pourtant, c’est celle donnée par Calédonie ensemble.

Le parti de Philippe Gomès n’est plus ce qu’il était et c’est à se demander qui le dirige. Calédonie ensemble termine son communiqué concernant la SLN en rappelant simplement les demandes des grévistes : « Pour Calédonie ensemble, le seul appel utile à passer est donc à destination des syndicats de l’entreprise, particulièrement ceux qui entravent l’activité sur les centres, en leur demandant de faire preuve à la fois de responsabilité et de solidarité ». Quant au modèle économique de la SLN, le parti indique tout de même « qu’il devra être révisé en profondeur parce que le monde du nickel a profondément changé ces dernières années » et avance en n sa position : « Il nous faut donc désormais mieux valoriser notre domaine minier qui ne doit plus être exclusivement au service de la métallurgie. Dans cette perspective, 4 millions de tonnes à faible teneur doivent pouvoir être exportées à l’horizon 2020. L’environnement et la compétitivité de l’entreprise ne peuvent qu’y trouver leur compte ».

CS

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