Les Calédoniens ont marché pour le climat

Comme partout dans le monde, des marcheurs ont défilé pour le climat dans les rues de Nouméa le samedi 8 décembre. Près de 70 personnes ont répondu à l’appel.

Il y a urgence pour le climat. C’est plus précisément une course contre les émissions de gaz à effet de serre qui est engagée afin de limiter le réchauffement climatique. Pour l’année 2018, la bataille semble bien avoir été perdue. Selon le bilan annuel du global carbon project, les émissions de CO2 ont augmenté de 2,7 % en 2018. La France, pays de l’Accord de Paris, n’a pas nécessairement de leçon à donner puisque les émissions y ont augmenté de près de 2 %. La COP24 et son demi-échec montre que l’on s’écarte de la trajectoire permettant de limiter le réchauffement climatique.

Si la Nouvelle-Calédonie n’est pas directement concernée par les accords internationaux sur le climat, elle contribue à son échelle de manière très importante au réchauffement climatique. Les usines métallurgiques sont la première cause d’émission de gaz à effet de serre. Et le projet de centrale à gaz, prévue en remplacement de la centrale au fuel de Doniambo ne réglera pas tous les problèmes. Si le gaz produit moins de gaz à effet de serre, il en produit tout de même sans compter que la centrale pourrait être un peu surdimensionnée. Outre les grandes problématiques mondiales, les près de 70 calédoniens qui ont participé à cette marche nationale, le samedi 8 décembre, ont souhaité aborder la question du climat sous un angle local. Ils ont ainsi établi un cahier d’une quinzaine de revendications qui devrait prochainement être envoyé aux institutions. Ces revendications ne se limitent pas à la production électrique et couvrent l’ensemble des problématiques environnementales qui concernent la Nouvelle-Calédonie et elles sont nombreuses.

Politique environnementale embryonnaire

Il est notamment question des transports et en particulier des véhicules individuels et des transports en commun. Sur le territoire, le nombre important de véhicule et le faible développement des transports en commun génère une pollution importante qui n’est pas sans conséquences directes sur la santé des Calédoniens et en particulier des plus fragiles comme a pu le montrer une étude épidémiologique réalisée sur Nouméa en 2016. De manière générale, il n’existe aucune fiscalité verte afin d’orienter la consommation des Calédoniens. Le gouvernement envisage la création d’étiquettes affichant la performance énergétique des équipements. Si cette mesure n’est pas fiscale à proprement parler, elle représente un embryon de politique environnementale, au-delà du schéma pour la transition énergétique.

La question de la mine est également au cœur des préoccupations. Elle génère de nombreuses formes de pollutions et de dégradation de l’environnement sans que les politiques publiques n’apportent de réponses globales et structurées. La gestion des mines orphelines en est un exemple bien concret. De la même façon, il a été question de relever les taxes frappant les nombreux bateaux de croisières qui viennent naviguer dans les eaux calédoniennes. Ces navires très polluants sont actuellement très peu taxés en Nouvelle- Calédonie, le niveau de taxe étant l’un des plus faibles du Pacifique. L’utilisation des pesticides fait également partie des réflexions, tant pour leur impact sur l’environnement que sur la santé humaine.

M.D.

©FB: Marche pour le climat Nouméa

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