Le petit plan Germain ; le courage de Tyuienon

D ésormais plus aucune semaine sans son cortège de larcins, vols, cambriolages et autres agressions, qui vont crescendo. Et quand on s’attaque à des établissements scolaires ou des commerces de proximité, les victimes sont indubitablement de toutes ethnies. Il n’y a plus que le haut- commissaire pour nier le phénomène de « bandes à capuches » qui s’organisent et se professionnalisent, plus que le procureur de la République pour toujours en minimiser l’impact. Mais voilà que le gouvernement local nous annonce, à grand renfort de communication, son plan de lutte globale contre la délinquance, qui sera débattu lundi, au Congrès. Présenté vendredi dernier en commission plénière, le plan Germain a déjà subi les foudres des conseillers de la Nouvelle-Calédonie.

« Navrant, inconséquent, ni complet ni financé, tout juste une plaisanterie, un gag à 100 balles ! », entendait-on dans les travées du boulevard Vauban. Force est de constater que, concoctées à la va-vite, « les 138 mesures destinées à coordonner les politiques publiques de lutte contre l’insécurité » sont pour le moins décevantes. On relèvera quelques perles : comme la mise en place d’un Observatoire de la délinquance, qui existe déjà ! Ou la création d’un Festival du court-métrage, dont on ne voit pas en quoi il ferait reculer l’insécurité. En tout cas, le plan Germain dément son ambition première : apporter une réponse globale à la situation. En outre, la totalité de ces mesures coûterait, dit-on, plus d’un milliard de francs par an.

Et où la Calédonie trouverait-elle ce milliard ? Plus rassurants et certainement plus prometteurs ont été les propos de Gilbert Tyuienon sur RRB. Après avoir décrété une semaine « ville morte » dans sa commune, il a incité « les parents à reprendre les fondamentaux : encadrez, formez vos enfants, faites-les entrer dans la vie et accompagnez-les ! », dit le maire de Canala. Une supplique, qui prend des allures de mea culpa politique, lorsque le leader, avoue : « Peut-être que le message politique de Kanaky n’est pas compris ou pas adapté à nos jeunes. Kanaky, c’est d’abord l’ordre et le respect d’autrui ! » Un courage… politique à saluer !

 

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