Le Parti travailliste ne participera pas au référendum

Le Parti travailliste a obtenu le soutien de ses troupes dans sa décision de ne pas participer au référendum du 4 novembre. Le parti de Louis Kotra Uregei appelle même à une non-participation massive. Une décision qui n’est pas une surprise, mais reste injustifiée et contraire à l’avenir du pays, selon les loyalistes.

Réuni en congrès extraordinaire à Nouméa ce week-end, les instances dirigeantes du Parti travailliste ont finalement décidé, avec le soutien de leurs militants, de ne pas participer au référendum sous prétexte qu’il s’agit d’« un référendum qui n’a d’autodétermination que le nom », d’« un plan de l’État pour emmener le peuple kanak dans une voie sans issue », mais encore « d’une farce » ou « d’un rendez-vous bidon ».

Les motifs sont variés

Les militants sont venus, comme demandé, avec un questionnaire rempli. Parmi les questions figuraient : « Sera-t-il un véritable référendum d’autodétermination ou en aura-t-il seulement que le nom ? », « Les conditions de sincérité, de respect et de justice sont-elles réunies pour cette consultation à l’autodétermination ? », « Est-ce que les accords successifs ont permis au peuple kanak d’être reconnu dans son propre pays ? »… Et les militants, dans leur majorité, ont répondu non. Ainsi l’Accord de Nouméa est, pour Louis Kotra Uregei, une « couillonnade (…), un échec, le peuple kanak est de plus en plus largué ». LKU dénonce également la préparation de ce référendum et avance que la liste référendaire est trop large. « Tout a été fait pour que le non l’emporte », selon lui. Un discours qu’il n’a cessé de répéter depuis des mois et qui aura reçu, ce week-end, l’approbation des militants du parti.

Un appel aux autres indépendantistes

Le Parti travailliste espère bien que d’autres partis indépendantistes feront de même. Ce qui est loin d’être gagné puisque si certains ne se sont pas encore positionnés, d’autres ont déjà indiqué qu’ils appelaient à voter pour le oui à l’indépendance, à l’image de l’Union calédonienne ou de la Dynamik unitaire Sud. En tout cas, la décision du Parti travailliste con rme aujourd’hui un désaccord des formations du camp indépendantiste UC-FLNKS et Nationalistes du Congrès. Ce qui pourrait changer la donne pour le « jour d’après ».

Une décision « régressive »

Du côté des partisans du non à l’indépendance, la position du Parti travailliste, même si elle n’est pas une surprise, est « une décision injustifiée et contraire au processus démocratique de l’Accord de Nouméa », comme l’avancent les Républicains calédoniens. Il ne s’agit que d’une « manœuvre politicienne électoraliste, enrobée de fausses raisons. Tout a été fait depuis plusieurs mois pour que les conditions soient réunies a n que le scrutin réponde aux exigences de sincérité et de transparence souhaitées par les partenaires de l’Accord de Nouméa. Notamment, pour ce qui concerne le corps électoral, les équilibres ont été trouvés au Comité des signataires de novembre 2017, en présence de Louis Kotra Uregei, pour que tous les Kanak qui le souhaitent puissent voter au référendum. » Et d’ajouter : « Des moyens exceptionnels ont été mis en œuvre par l’État et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie pour informer et inscrire le maximum d’électeurs ayant eu un jour le statut coutumier, donc kanak (…) Tout ceci s’est déroulé sous l’œil attentif des Nations unies, qui considèrent aujourd’hui que ce sont bien les populations concernées qui seront admises à participer au référendum. »

Lorsque le Parti travailliste affirme que les Kanak n’occupent pas assez de places à responsabilité et que l’Accord de Nouméa n’a pas apporté les résultats attendus, les Républicains calédoniens rappellent « qu’aujourd’hui les indépendantistes dirigent deux provinces sur trois, 23 communes sur 33, qu’il y a cinq membres du gouvernement indépendantistes sur 11, 25 élus indépendantistes sur 54 au Congrès. Et cette représentation, du fait du mode de scrutin, est bien supérieure à la représentation proportionnelle. L’Accord de Nouméa a donc clairement œuvré pour la montée en responsabilité des populations kanak ».

Et de conclure : « Aujourd’hui, rien ne justi e cette décision de non-participation au référendum et elle s’écarte du processus démocratique voulu par l’ensemble des Calédoniens. Un rendez- vous aussi important que celui du 4 novembre prochain ne doit pas être le lieu de règlement de comptes entre indépendantistes. L’avenir de la Nouvelle-Calédonie et des Calédoniens mérite mieux que des incantations inutiles et superflues. »

Le Rassemblement-LR n’est pas surpris non plus. « On annonce que toutes les histoires de listes et de corps électoraux ne sont finalement que des raisons, pour les indépendantistes, pour boycotter la consultation. Quel est leur intérêt d’aller vers une consultation perdue d’avance ? C’est la raison pour laquelle, pendant des années, nous avons prêché pour un nouvel accord au sein de la République ». Enfin, pour Calédonie ensemble : « Louis Kotra Uregei et le Parti travailliste tiennent une position qui est totalement contraire à l’ouverture faite aux autres populations lors des accords de Matignon, puis de Nouméa. C’est-à-dire la reconnaissance de la légitimité et donc du droit à participer au référendum. Cette attitude est ainsi réellement régressive, elle nous tire trente ans en arrière. On devine que le Parti travailliste est dans une stratégie électorale qui consiste à s’opposer au référendum pour pouvoir se présenter, en cas de victoire du non, comme l’alternative dans le camp indépendantiste. »

C.S

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