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Le groupe de dialogue est-il mort ?

Les Républicains calédoniens et le Rassemblement sont sortis du groupe de dialogue « Sur le chemin de l’avenir ». Jeudi, ils ont quitté les débats qui portaient notamment sur le bilan de l’Accord de Nouméa. Explications…

Ce groupe de dialogue a-t-il encore une raison d’être après le deuxième départ de Sonia Backes, Pierre Frogier et Thierry Santa ? C’est la question que l’on se pose. Au cœur de ce nouveau clash, la charte des valeurs calédoniennes. Un point qui n’était pas à l’ordre du jour et pourtant… qui continue de diviser. Alors qu’elle est soumise à la consultation de la société civile, elle continue à être critiquée par Les Républicains calédoniens (voir précédente édition), qui avaient quitté une première fois le G10.

Les explications de l’intérieur

Dans un communiqué dès la sortie de la réunion, les Républicains calédoniens ont tenu à expliquer ce qu’il s’est vraiment passé. Lors du groupe de discussion « Sur le chemin de l’avenir », jeudi, Calédonie ensemble a reproché à Sonia Backes d’avoir communiqué sur le projet de charte des valeurs calédoniennes, listant notamment les points de désaccord : l’ouverture du corps électoral, les violences faites aux femmes, la n des revendications foncières, la neutralité de la fonction publique. Le parti précise que « la discussion, extrêmement agressive contre la seule femme présente dans ce groupe de discussion a tourné au règlement de comptes entre Paul Néaoutyine et Calédonie ensemble d’une part et la représentante des Républicains calédoniens d’autre part. Devant la tournure des discussions, l’agressivité perpétuelle de certains membres et compte tenu de la pression mise par Philippe Gomès, Gaël Yanno (très attaché à l’élection prochaine du président du Congrès) et Paul Néaoutyine, la veille, pour obtenir de ce groupe de discussions des « engagements écrits » avant le référendum, Sonia Backes, Pierre Frogier et Thierry Santa ont quitté la réunion ».

Devant ces éléments, les Républicains calédoniens s’interrogent sur le sens que certains veulent donner à ce groupe de discussion, Louis Mapou affirmant que la charte « pourrait servir de préambule à la constitution de Kanaky », Philippe Gomès voulant s’engager sur une « déclaration commune » avant le référendum. Les Républicains calédoniens confirment donc « qu’ils ne subiront pas la pression de ceux qui veulent, sous couvert de dialogue, faire avancer, à marche forcée, leur projet politique sans tenir compte de l’expression des Calédoniens le 4 novembre prochain. Nous sommes et nous restons ouverts au dialogue. Nous avons d’ailleurs noté des convergences intéressantes sur la question de la gouvernance de la Nouvelle-Calédonie, qui auraient mérité qu’une discussion sereine et respectueuse de chacun soit poursuivie. Dialoguer pour nous, c’est accepter que l’autre ait un point de vue di érent et non le forcer à accepter le sien ».

Le Rassemblement aussi

Pour le parti de Pierre Frogier, tous les engagements pris lors du dernier Comité des signataires ont été bafoués. « Jamais le Rassemblement ne s’associera à un tel déni de démocratie qui ne correspond pas aux valeurs que nous défendons. Notre combat politique est désormais porté directement vers les Calédoniens, seuls légitimes à décider de leur avenir. Par conséquent, fidèles à nos valeurs et conscients de nos responsabilités, nous quittons ce groupe de négociation », a-t-il indiqué.

Pour Thierry Santa, les raisons qui l’on incité à quitter le groupe « Sur le chemin de l’avenir » sont de deux ordres. Sur la forme d’abord, il a expliqué qu’il ne participerait à aucune négociation de nouvelles solutions « avant que les Calédoniens ne décident de leur avenir lors du référendum du 4 novembre », ajoutant que « les membres de ce groupe ayant décidé de s’engager en rédigeant et signant les conclusions de leurs travaux et compte tenu des sujets évoqués, il s’agit en réalité de travailler sur un nouvel accord ».

Sur le fond ensuite, Thierry Santa dénonce la position des indépendantistes qui remettent « désormais en cause la solution de l’Onu qui prévoit que la Calédonie sera retirée de la liste des pays à décoloniser dès lors que les populations intéressées auront librement choisi un statut ». Il dénonce aussi leur refus de « discuter d’une évolution du gel du corps électoral, de revenir sur la clé de répartition ». Enfin, il indique que les discussions « concernant la représentation du Congrès, la répartition des compétences des provinces et le gouvernement tournent au dialogue de sourds ».

Alors, que reste-t-il de ce groupe qu’il soit de dialogue, de « chemin vers l’avenir » ou G10 ? Eh bien, seul Calédonie ensemble semble vouloir y croire, comme à son habitude, en y xant ses règles alors même que son « partenaire », le Palika veut aujourd’hui directement discuter avec l’État.

C.S

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