Le gouvernement en ordre de marche

Le gouvernement est en place et le travail va pouvoir commencer. Si les secteurs ont été attribués ce mardi, comme prévu, la surprise est venue pour la vice-présidence. Le siège revient à Gilbert Tyuienon, de l’Union calédonienne, grâce aux voix de L’Avenir en confiance et de l’Éveil océanien.

Soulagement pour les Calédoniens et le monde économique, le 16e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie peut en n fonctionner. Ce mardi, si les secteurs ont enfin été attribués, la vice-présidence aussi. Et c’est sur ce point que l’on pensait qu’il y aurait encore de l’attente.

Même si cela ne changeait en rien la prise de fonction effective du nouveau gouvernement, le malaise était palpable et finalement, c’est le candidat de l’UC, Gilbert Tyuienon, qui a été élu vice- président avec huit voix contre deux pour Jean-Pierre Djaïwé, le candidat de l’UNI, Union nationale pour l’indépendance. Gilbert Tyuienon a récolté les trois voix de l’UC et les cinq voix de L’Avenir en con ance et de l’Éveil océanien. Philippe Germain de Calédonie ensemble s’est abstenu.

L’Avenir en confiance s’est expliqué sur son vote par voie de communiqué en indiquant qu’il fallait « finaliser l’installation de l’exécutif et que celui-ci soit pleinement opérationnel. Le poste de vice-président revenant naturellement aux indépendantistes, nous avons souhaité respecter le principe démocratique en votant pour le parti disposant de plus de membres (UC trois membres, UNI deux membres) ». Pour les élus de L’Avenir en confiance, « le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie est désormais au complet et apte à se mettre pleinement au travail afin de répondre aux attentes fortes des Calédoniens ».

Outre l’annonce de l’élection du vice- président, les membres du gouvernement ont voté la répartition des secteurs (cf plus loin), et ce, à l’unanimité. « Ce qui démontre une volonté forte de travailler ensemble dans l’intérêt de la Nouvelle-Calédonie », a souligné L’Avenir en confiance.

En urgence

Le gouvernement est en ordre démarche et ses membres et leurs équipes vont avoir du pain sur la planche. Au-delà des grands dossiers en souffrance qu’il va falloir traiter rapidement, comme la relance de l’économie ou le sauvetage de la SLN, la première mission sera de sortir la Cafat du rouge. Pour cela, il va falloir rapidement nommer un conseil d’administration à l’Agence sanitaire et sociale dont la priorité sera de débloquer une subvention pour permettre notamment au CHT de continuer de fonctionner. Rappelons que la part Cafat dans la dotation globale de l’hôpital n’est plus assurée et qu’elle représente à elle seule 64 % du budget de l’hôpital, soit 29,5 milliards de francs. Par ailleurs, la Cafat ne peut plus rembourser ses prestations au CHT (actes médicaux), soit une carence de 10 milliards. Donc il faut aller vite pour que le personnel de l’hôpital soit payé dès la fin du mois et que le CHT puisse fonctionner normalement. Sans parler du Ruamm (assurance maladie- maternité) qui accuse un dé cit de plus de 4 milliards de francs qu’il va falloir résorber, sachant que la Cafat a déjà dû puiser dans ses réserves pour tenter de le remettre à flot.

La tâche ne va pas être facile et c’est Thierry Santa qui s’est porté volontaire pour redresser les comptes sociaux. Personne du précédent gouvernement ne voulait ce secteur et on se demande bien pourquoi, Valentine Eurisouké ne conservant que la coordination et la mise en œuvre du plan Do Kamo, qui nul doute, sera revu et espérons-le, coordonné enfin avec les professionnels de santé.

Quoi qu’il en soit, il va falloir dans les prochains jours trouver des ressources pour pallier l’urgence santé. « Encore faudra-t-il savoir où nous pourrons trouver de telles sommes », a déclaré la semaine dernière Thierry Santa, avant d’ajouter : « Il va ensuite falloir réaliser un véritable travail de fond, étudier les pistes, notamment proposées en juin 2018 par l’Igas (Inspection générale des a aires sanitaires) et de faire des choix ensemble » pour pérenniser la santé des comptes sociaux.


LA RÉPARTITION DES SECTEURS

  • Thierry Santa, président du gouvernement, en charge des relations extérieures et de la sécurité civile, la promotion touristique, la stratégie de la mise en valeur des ressources naturelles, du Code minier et des comptes sociaux.
  • Gilbert Tyuienon, vice-président, en charge du transport, des infrastructures publiques et de la prévention routière, du suivi du schéma d’aménagement et de développement de la Nouvelle-Calédonie NC 2025 et des transferts de compétences. Il concourt au règlement des problématiques minières, ainsi qu’au suivi du Fonds nickel.
  • Didier Poidyaliwane, porte-parole, en charge des a aires coutumières, de la culture et la protection de l’enfance et de la jeunesse, des relations avec les institutions coutumières et des questions relatives à l’identité et à la citoyenneté.
  • Christopher Gyges, porte-parole, en charge de l’économie et des mesures de relance, du commerce extérieur, de la fiscalité, l’énergie, l’économie numérique et de la mer, du « bien vieillir » et de la solidarité.
  • Jean-Louis d’Anglebermes, en charge du travail, de l’emploi, du dialogue social, de la formation et de l’insertion professionnelle, du suivi du XIe FED territorial et des relations avec le Cese.
  • Valentine Eurisouké, en charge de la coordination et la mise en œuvre du plan Do Kamo, du service civique et du secteur de la condition féminine.
  • Jean-Pierre Djaïwé, en charge de la jeunesse et des sports, du suivi du plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance, de la politique de l’eau, des questions environnementales et de la météorologie.
  • Philippe Germain, en charge de l’agriculture, l’élevage, la pêche, du développement durable, de la mise en valeur du parc naturel de la mer de Corail et des questions relatives à la recherche, l’innovation et l’audiovisuel.
  • Vaimu’a Muliava, en charge des constructions publiques, du patrimoine immobilier et des moyens, du logement et de l’urbanisme, de la fonction publique, la transformation numérique, la simplification de l’administration et l’évaluation des politiques publiques.
  • Isabelle Champmoreau, en charge de l’enseignement et du suivi des questions de l’enseignement supérieur, du handicap, de la famille et la lutte contre les violences intrafamiliales et du bien-être animal.
  • Yohann Lecourieux,en charge du budget et des finances, des assurances, du droit civil, du droit commercial, des questions monétaires, des grands projets et de la francophonie, des relations avec le Congrès, les provinces et les communes de Nouvelle Calédonie.

C.S

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