Le chemin de croix

Alors que les institutions se renouvellent, le moment est venu de satisfaire à la fois la volonté des Calédoniens qui se sont majoritairement prononcés en faveur de la Calédonie dans la France et de respecter la place qu’ils ont bien voulu donner à chaque formation politique. Ce faisant, des alliances sont obligatoires puisqu’aucune majorité absolue ne s’est dégagée de ces élections et qu’il faudra bien gouverner ce territoire. Et c’est là où, comme d’habitude, les choses se compliquent avec en ligne de mire, la position du Congrès, qui compte – sur le papier – 25 élus à tendance non indépendantiste, trois élus de l’Éveil océanien plutôt non indépendantiste et 26 indépendantistes.

Chez les indépendantistes, la donne est simple. Le FLNKS rassemble, sans plus de discussions, l’Union calédonienne et l’Uni ainsi que les autres petits partis avec éventuellement, une interrogation sur le Parti travailliste.

Chez les non-indépendantistes, en revanche, c’est beaucoup, beaucoup plus compliqué. L’ampleur de la victoire de L’Avenir en confiance lui donne une avance confortable pour maintenir le Congrès selon le vœu des électeurs ; mais toujours pas suffisante pour se passer d’alliance. Elle doit ainsi trouver un compromis avec Calédonie ensemble et l’Éveil océanien, un seul allié n’étant pas suffisant. Sauf que les inimitiés et les ambitions sont grandes.

L’élection à la province Sud a montré tout le danger que représentait Calédonie ensemble. N’ayant pas obtenu ce qu’il voulait (la présidence du gouvernement), Philippe Gomès s’apprêtait à voter pour les indépendantistes. Nicolas Metzdorf et Nina Julié se sont opposés à ce projet et sont désormais perçus par le parti comme des « traîtres », non-inscrits.

Comment Philippe Gomès (qui tente depuis de se rattraper) a-t-il pu à ce point ignorer les conclusions du scrutin en revendiquant la présidence du gouvernement ? Comment a-t-il pu renier son électorat par pure question d’ego et de soif de pouvoir ? C’est inconcevable et ce serait du suicide politique que de continuer dans cette voie. L’Éveil océanien, de son côté, peut certes prétendre à une représentation, mais à la hauteur de son score et non pas au risque que son positionnement fait courir aux loyalistes. Davantage de clarté aurait, là aussi, été bienvenue en amont des provinciales. L’Avenir en confiance a, quant à lui, la responsabilité de s’ouvrir et d’être juste dans la répartition des responsabilités. Les électeurs sauront tirer les bonnes conclusions si le gouvernement et le Congrès venaient à basculer en cette dernière mandature de l’Accord de Nouméa.

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