La protection des sternes néréis encore renforcée en province Nord

Depuis mi-mai, la province Nord a lancé une campagne de sensibilisation à destination des usagers du lagon et en particulier de ceux des communes de Koumac et Kaala-Gomen susceptibles de s’arrêter sur les îlots et de déranger la reproduction des sternes. Une signalisation a été mise en place et semble fonctionner.

La province a installé des mâts de signalisation et des filets visant à interdire l’accès à certains îlots lors de la période de reproduction des sternes néréis pour ne pas les déranger. Elle a accompagné ces mesures d’une campagne d’information.

L’année dernière, dans le cadre du projet BEST « Sterne néréis » cofinancé avec l’Union européenne, la collectivité avait déjà renforcé ses actions de suivi des colonies afin de mieux comprendre le cycle de vie de ces oiseaux encore mal connus et qui nichent principalement dans cette zone des îlots du nord-ouest. Les résultats étaient sans appel : ils avaient révélé que le taux d’échec de la reproduction des néréis était de 80 % pour la saison 2018 ! Le dérangement humain, parfois aggravé par la présence de chiens, était le principal facteur de cet échec.

De bonnes nouvelles

Les opérations de la collectivité semblent déjà porter leurs fruits. Les gardes nature ont en effet constaté, lors de leur dernière prospection le 19 juin, que la reproduction se passait bien. Une première depuis 10 ans ! De nombreux poussins sont nés et des jeunes ont déjà pris leur envol.

Au dernier comptage, des colonies ont été observées sur cinq îlots, Yan Dagouet, Double, Pouh, Magone et Cayao, les îlots Cayao, Magone et Pouh accueillant les colonies les plus importantes (109 adultes au total). Sur place, les sternes mènent leur reproduction dans des « conditions optimales » avec 39 naissances comptabilisées au 19 juin.

La province conclut que les habitants respectent plutôt bien les recommandations. Mais la vigilance reste de mise. Une tentative d’installation de colonie a ainsi échoué dernièrement sur l’îlot Yan Dagouet à cause d’un dérangement humain. Et des traces de pas ont aussi été observées au-delà du filet de protection sur l’îlot Pouh. La province rappelle que le moindre dérangement risque de faire fuir les colonies et d’engendrer l’abandon des poussins. Elle ajoute qu’il faut 47 à 48 jours à un poussin pour atteindre le stade juvénile volant, un stade considéré comme suffisamment sécurisé, le jeune étant capable de se nourrir seul.

C.M.

©P. Nord


Un oiseau très vulnérable 

Cet oiseau du Pacifique sud-ouest, dont la sous-espèce « exsul » niche uniquement en Nouvelle-Calédonie, est actuellement classé « vulnérable » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN), mais en passe d’être classé « en danger d’extinction », dernier stade avant l’extinction définitive.

Sa population est estimée à 200 couples reproducteurs dont 80 % nichent sur les îlots du lagon nord-ouest et 20 % sur quelques îlots du sud de la Grande Terre.

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