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La plus grande centrale solaire inaugurée à Boulouparis

Mercredi matin, la société Quadran a inauguré sa centrale photovoltaïque de Boulouparis. Une centrale qui marque une étape dans la taille des projets en matière de production d’électricité à base d’énergies renouvelables.

Le photovoltaïque a le vent en poupe. Pendant des années, les sociétés spécialisées dans la production d’énergie renouvelable développaient des projets éoliens. Si quelques projets voient encore le jour, le solaire prend une sérieuse avance sur les autres formes d’énergies renouvelables. Et pour cause, les coûts sont véritablement en chute libre. La programmation pluriannuelle des investissements, qui permet de programmer les investissements en matière d’outils de production d’énergie, devra être revue. Avec seulement deux projets à venir, les objectifs attendus en 2020 de 62 MW seront dépassés dès la fin de l’année. La puissance installée sera de l’ordre de 80 MW.

En matière de photovoltaïque, la centrale Hélio Boulouparis du groupe Quadran est un symbole. Avec ses 12 MW, il s’agit de la plus grande centrale calédonienne et même de la plus grande centrale réalisée dans le Pacifique insulaire. Sa puissance représente la consommation de près de 10 000 foyers. « Le constat est le même au niveau de la planète, souligne Jérôme Billerey, le directeur général de Quadran qui avait fait le déplacement en Nouvelle-Calédonie pour l’inauguration de la centrale. Les énergies renouvelables sont des solutions majeures de la production électrique. Les coûts de production sont extrêmement concurrentiels par rapport à la production d’électricité à partir de ressources fossiles et même plus intéressantes sur certains territoires. Je prends le pari que la Nouvelle-Calédonie sera à terme un territoire autonome du point de vue énergétique. »

Des projets toujours mieux intégrés

Jérôme Billerey justifie son optimisme par l’importance des gisements d’énergies renouvelables, le solaire et l’éolien, mais aussi par les potentiels concernant les énergies marines et la biomasse. Pour le directeur de Quadran qui investit chaque année près d’un milliard d’euros (120 milliards de francs) dans les énergies renouvelables, principalement dans les territoires de l’outre-mer français, l’autonomie énergétique est une évidence et, à terme, attirera l’attention des mineurs et des métallurgistes. « À la vitesse où vont les choses, dans dix ans, on dira que la centrale de Boulouparis est un gadget », s’amuse le directeur général de Quadran.

D’ici là, la Nouvelle-Calédonie a encore du chemin à accomplir. Toutes consommations électriques confondues, le territoire est encore dépendant des énergies fossiles à 90 %. Avant d’atteindre une autonomie complète, la première marche sera d’atteindre l’autonomie dans la distribution publique. Et tout laisse à penser que l’objectif est tout ce qu’il y a de plus réaliste. Comme l’a rappelé le maire, Alain Lazare, à l’occasion de l’inauguration, de nombreux promoteurs se présentent à sa porte afin d’aborder la question du foncier. Si les coûts de production des panneaux solaires sont en véritable chute libre et leur rendement (*) en constante augmentation (des chercheurs sont parvenus à atteindre des rendements de l’ordre de 30 % en laboratoire, soit le même qu’un moteur thermique), le foncier, lui, n’est pas extensible et son utilisation entre souvent en concurrence avec d’autres pratiques et en particulier l’agriculture, comme c’est le cas sur des communes comme Boulouparis.

Mais si Boulouparis a été retenue, ce n’est pas seulement pour la disponibilité de son foncier et son ensoleillement. C’est aussi pour sa proximité avec le Grand Nouméa qui est le grand centre de consommation et la présence d’un nœud permettant de raccorder la centrale au réseau de manière relativement simple. « C’est cet élément technique qui a permis de faire une centrale de cette taille », soulignait Cédric André, le directeur de Quadran en Nouvelle- Calédonie. Tout a d’ailleurs été fait pour simplifier le travail d’Enercal, le gestionnaire du réseau, qui pourra intervenir à distance afin d’intégrer au mieux l’électricité d’Hélio Boulouparis au réseau.

Mais cet investissement de deux milliards de francs se veut également intégré à la commune. Si le besoin en foncier pour des projets solaires concurrence généralement l’agriculture, Quadran a pris contact avec un éleveur de moutons. Un accord a été passé qui permettra à un éleveur de Boulouparis de faire paître à l’année une centaine de têtes sur les 17 hectares de l’installation. Une pratique assez courante en Métropole qui permet à l’éleveur de nourrir ses bêtes et au producteur d’énergie de faire des économies sur l’entretien. Les animaux devraient particulièrement apprécier les panneaux solaires qui leur offriront des abris aux heures les plus chaudes de la journée.

Une deuxième tranche pour bientôt

Mais ce n’est plus tellement le côté vert qui fait vendre les énergies renouvelables, comme le rappelle Cédric André. Ce qui attire le regard des investisseurs, ce sont les coûts de production. Hélio Boulouparis produit à 16,5 francs le kilowattheure, mais déjà, on peut produire le kilowatt à des prix de l’ordre de 13 à 15 francs. Des prix que seule l’économie d’échelle peut permettre. À titre de comparaison, les précédentes centrales photovoltaïques étaient environ six fois plus petites.

Les petites centrales sont toutefois nécessaires afin d’être mieux réparties sur l’ensemble du territoire. Quadran en inaugurera d’ailleurs une autre d’une puissance de 3,2 MW à Témala. Un projet original sur terres coutumières qui pourrait ouvrir la voie à bien d’autres, d’autant plus que l’empreinte de ce type de centrale photovoltaïque est quasi nulle. Une fois les panneaux retirés, il ne reste que les trous des poteaux d’une taille réduite.

Mais Quadran a encore une autre carte en poche, celle du photovoltaïque avec stockage, toujours à Boulouparis. La deuxième tranche d’Hélio Boulouparis sera de 16 MW et stockera l’électricité produite. Le chantier devrait démarrer prochainement. Deux projets de ce type ont été autorisés par le gouvernement au mois d’avril et ouvrent de nouvelles perspectives. Ces installations permettent en effet de consommer de l’électricité de manière différée par rapport à leur production ce qui n’est jusqu’à présent pas possible et limite l’utilisation des énergies renouvelables. Comme le note Cédric André, ces projets présentent un coût intéressant et se positionnent donc clairement comme des concurrents aux moyens de production thermique à partir d’énergies fossiles. « L’avenir, on y est », résume le directeur de Quadran en Nouvelle-Calédonie.

*On peut résumer le rendement d’un panneau photovoltaïque à sa capacité de transformer l’énergie solaire en électricité.

La centrale en quelques chiffres

55 000 poteaux sont plantés sur un terrain de 17 hectares. Les 12 MW seront produits au travers de 43 2000 panneaux photovoltaïques permettant d’éviter le rejet de 177 000 tonnes de CO2 par an.

M.D.

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