La Fédé des fonctionnaires appelle à la grève générale

La Fédération des fonctionnaires a lancé un appel à la grève générale, le 18 mars, afin de défendre le pouvoir d’achat dans la fonction publique. Le syndicat dénonce l’inaction des autorités calédoniennes.

Pointer du doigt la fonction publique est devenu une chose plutôt banale, tant pour le patronat que certains partis politiques. Pour beaucoup, elle plombe le budget du territoire et, d’une certaine manière, fait concurrence au privé sans permettre de soutenir la croissance économique. La position de la Fédération des fonctionnaires est bien évidemment sensiblement différente.  À l’occasion d’une conférence de presse, le syndicat s’est défendu et a annoncé le dépôt d’un préavis de grève générale, pour le 18 mars, afin de défendre le pouvoir d’achat des fonctionnaires calédoniens.

Trop de fonctionnaires et trop bien payés. Autant dire que cet argument encore récemment porté par le Medef-NC a du mal à passer. « L’enseignement, la justice-police et la santé représente 90 % de la fonction publique. Je veux bien que l’on coupe dans ces effectifs, mais il faut savoir quelle société on veut », interroge David Meyer, le secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires. C’est sans parler de la situation de certaines administrations et notamment la Direction des affaires économiques dont les agents se comptent sur les doigts d’une main, note le secrétaire général, et alors même que l’on cherche à lutter contre la vie chère. La Direction du travail et e l’emploi n’est pas mieux lotie, pas plus que les Services fiscaux ou encore la Direction des mines et de l’énergie.

Quel poids pour la fonction publique ?

Si l’on s’en tient aux chiffres, la Nouvelle-Calédonie présente un niveau de fonctionnaires par habitants relativement normal. Avec près de 98 fonctionnaires pour 1 000 habitants, la Calédonie se situe dans la moyenne des pays européens. Le poids des rémunérations est en revanche nettement supérieur à ceux que l’on retrouve dans l’Union européenne, si l’on compare notamment le rapport entre les dépenses de rémunération publique par emploi et le PIB par habitant (il est de 2 en Nouvelle-Calédonie pour un rapport de 1,5 en France ou au Japon et un peu moins encore aux États-Unis).

David Meyer attire toutefois l’attention sur le fait que la rémunération de certains agents de la fonction publique est en dessous de la rémunération métropolitaine. C’est tout particulièrement le cas des agents de catégorie C, les moins bien rémunérés. Une situation qui est proche de celle du privé où les inégalités salariales sont très importantes. Pour faire simple, les hauts salaires sont bien plus élevés qu’ailleurs et les bas salaires, bien plus bas.

Ne pas créer de fossé entre les fonctions publiques

La Fédération met également en avant le fait que les rémunérations ont été gelées pendant près de quinze ans, provoquant une baisse du pouvoir d’achat, notamment pour les retraités. Certains ont ainsi pu perdre jusqu’à près de 60 000 francs. Dans le même temps, l’État va revoir le parcours professionnel de carrière et de rémunération ou PPCR.

Très concrètement, la révision du PPCR va se traduire par une belle augmentation de la rémunération des fonctionnaires de l’État, de l’ordre de 20 %. « Nous avons alerté les élus sur le fait qu’il faut aussi prendre en compte les autres agents, mais nous avons reçu un fin de non-recevoir », explique David Meyer. Les agents de l’enseignement secondaire ont toutefois obtenu cette augmentation après une grève en 2018. Des réformes vont par ailleurs toucher l’enseignement primaire et secondaire et directementimpacter les agents. La Fédération s’étonne également que les enseignants du primaire soient désormais au niveau licence, censé relever des cadres A, mais avec des salaires de cadres B alors même que le gouvernement s’était engagé à revaloriser les bas salaires.

Pour le syndicat, il est temps de se mettre au travail pour établir un plan permettant de maintenir le pouvoir d’achat des fonctionnaires, tout en ayant conscience que les caisses sont relativement vides. De manière plus générale, la Fédération appelle à une rénovation de la fonction publique, dossier sur la table des gouvernements qui se sont succédéces dernières années sans qu’aucune avancée majeure n’ait été réalisée. C’est donc dans la rue que les fonctionnaires territoriaux essaieront d’obtenir gain de cause le 18 mars. À noter que l’ensemble des branches de la Fédération sont concernées. Le fonctionnement des établissements scolaires et des administrations devrait donc être fortement perturbé.

M.D.


Des fonctionnaires appelés à être plus nombreux ?

La Fédération des fonctionnaires ne prétend pas que la situation est parfaite. Elle appelle de ses vœux une réforme en profondeur de la fonction publique. Il reste que le nombre de fonctionnaires pourrait être amené à augmenter encore après avoir significativement progressé ces dernières années. L’augmentation des effectifs correspond à un plan d’intégration décidé par le Congrès au travers de la loi du pays visant à résorber l’emploi précaire dans la fonction publique du 19 décembre 2016. Cette loi faisait suite à plusieurs d’autres plans d’intégration dont l’un des objectifs est de rétablir l’équilibre de la Caisse localedes retraites servant les pensions des retraités de la fonction publique territoriale.

Comme le souligne David Meyer, ces différents plans n’ont pas permis d’atteindre les objectifs puisque la CLRaffiche toujours un déficit important. Celui-ci est toutefois passé de 800 à 600 millions de francs. L’échec relatif de ces plans est notamment lié au fait que les agents intégrés voient leur rémunération réduite de montants pouvant atteindre jusqu’à 30 000 francs par mois. Les contractuels sont donc plutôt réticents à accepter l’intégration. Selon David Meyer, certains fonctionnaires de catégorie C ont même vu leur salaire passer en dessous du SMG, salaire minimum garanti.

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