La biodiversité calédonienne part en fumée

Plusieurs incendies de grande ampleur sont actuellement en cours, aussi bien en province Sud qu’en province Nord. Les pompiers sont une nouvelle fois mis à rude épreuve, tout autant que la biodiversité calédonienne sérieusement mise à mal par ces feux.

Après avoir démarré doucement, la saison des feux bat son plein. Et elle n’épargne pas les pompiers, du Nord au Sud de la Calédonie. VKP, Bourail, et depuis vendredi, les bois du Sud sont touchés. Au Mont-Dore, la situation est assez préoccupante puisque qu’après avoir quasiment stoppé l’incendie, les pompiers en ont perdu la maîtrise en raison d’un changement de direction du vent. Le sinistre menace désormais la réserve naturelle de la forêt cachée.

Pas de plan, pas de réunion, pas de concertation…

Cette situation illustre une nouvelle fois le drame qui se joue et l’inadéquation des moyens mis en œuvre par les pouvoirs publics. Pour rappel, à chaque passage, un hélicoptère bombardier d’eau largue l’équivalent d’une baignoire sur les incendies. Une goutte d’eau dans un océan qui présente des risques importants pour les pilotes et un coût non négligeables pour la collectivité. Chaque année, le budget alloué aux hélicoptères est de l’ordre de 200 millions de francs. En 2017, la situation particulièrement catastrophique avait nécessité une enveloppe presque deux fois plus élevée.

Comme le rappelle régulièrement Hubert Géraux, le responsable du WWF en Nouvelle- Calédonie, la lutte contre les feux de forêt n’est pas optimisée. En dehors des moyens aériens adaptés à la Nouvelle-Calédonie qui sont réclamés par la quasi-totalité des acteurs, il n’existe aucun plan d’action global contre les feux et, cette année, comme le rappelait récemment dans nos colonnes Rémi Gallina, le président de l’Union des pompiers calédoniens, aucune réunion préparatoire à la saison des feux n’a été organisé par la direction de la sécurité civile et de la gestion des risques et alors même que les services de la météo prévoient une sécheresse accrue avec un déficit d’eau de l’ordre de 20 %.

Un trésor livré aux flammes

Mais outre l’argent qui part littéralement en fumée, c’est la ressource en eau que l’on épuise et la biodiversité qui disparaît. Une biodiversité que le gouvernement présente pourtant comme l’une des premières richesses du territoire. Au niveau de la flore, l’association Endemia estime que sur 1 000 espèces végétales, 42 % sont menacées et le feu est bien la première menace. Les incendies à répétition ont par ailleurs un impact important sur les oiseaux et les espèces vivants dans les forêts. Mais les conséquences ne s’arrêtent pas aux côtes. Les incendies qui favorisent l’érosion ont également un impact sur les récifs et par conséquence sur les espèces marines. C’est donc l’ensemble des écosystèmes qui sont concernés.

Et le cas de l’incendie du Mont-Dore n’échappe à la règle. Comme le signalait la société mycologique de Nouvelle-Calédonie sur sa page Facebook le 2 décembre, deux espèces de champignons ont disparu de la surface de la terre en raison de cet incendie et avant même que ces espèces n’aient pu être décrites.

M.D.

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