Gouvernement : un président, mais pas de vice-président

La deuxième tentative fut la bonne. À la demande du haut-commissaire, les onze membres du nouveau gouvernement se sont réunis vendredi et Thierry Santa a été élu président. Mais le gouvernement ne sera installé que vendredi, faute d’avoir un vice-président en raison du désaccord entre l’Uni et l’UC.

Il a fallu attendre les dernières heures de la journée, jeudi dernier, pour que Philippe Germain annonce sur son compte Facebook qu’il donnerait sa voix à Thierry Santa, candidat à la présidence du nouveau gouvernement. Le matin en séance du Congrès, il avait déjà lancé un signal qui laissait penser qu’il agirait dans ce sens. Vendredi, Philippe Germain a donc fait ce qu’il avait dit, soutenu par la direction de Calédonie ensemble. « C’est une décision collective du parti », a-t-il commenté à l’issue de la séance d’élection.

De manière plus officielle, cette annonce avait été confirmée par Philippe Dunoyer et Philippe Michel, la veille de l’élection, lors d’une conférence de presse où les deux élus ont tout de même tenu à indiquer que Calédonie ensemble ne partageait pas pour autant le programme économique et social de L’Avenir en con ance et de l’Éveil océanien.

Thierry Santa prend donc les rênes du 16e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en obtenant la majorité absolue, soit 6 voix (celle de L’Avenir en con ance, de l’Éveil océanien et de Calédonie ensemble) sur 11. Dans son allocution, il a tenu à saluer « l’esprit de responsabilité » de son prédécesseur, Philippe Germain, et « sa démarche de prise en compte de l’intérêt général qui l’a amené à prendre cette décision en toute conscience ».

Le bon sens

Pour L’Avenir en confiance, l’élection de Thierry Santa va dans le « bon sens et le respect du vote des Calédoniens, le 12 mai dernier ». Après celle de Sonia Backes à la tête de la province Sud, puis de Thierry Santa à la celle du gouvernement, les institutions calédoniennes sont maintenant pour le groupe du Congrès « plus représentatives du résultat des dernières élections, plus fidèles au choix des Calédoniens, qui ont très majoritairement fait confiance à nos candidats pour se projeter dans l’avenir, mettre en place le nécessaire plan de relance économique, que tous attendent et dont la Nouvelle-Calédonie a tant besoin pour créer de l’emploi et changer le mode de gouvernance a n de retrouver, en responsabilité et en transparence l’esprit de collégialité, voulue par les signataires de l’Accord de Nouméa ».

Le nouveau gouvernement sait qu’il aura du pain sur la planche compte tenu des urgences sociales et économiques, comme la situation du Ruamm et des comptes sociaux, qu’il va falloir prioriser.
Mais pour cela, il faut que ce nouveau gouvernement soit opérationnel. Si Thierry Santa en est le président, pour l’heure, il n’y a pas de vice-président et le gouvernement n’est toujours pas officiellement en fonction.

Sans vice-président

Dans ce gouvernement collégial, le poste de vice-président est traditionnellement dévolu à un membre indépendantiste. Mais après deux tentatives, vendredi et mardi, et malgré les discussions du week-end, les deux partis indépendantistes, l’UC et l’Uni, ne sont pas parvenus à un accord sur un candidat unique. Le gouvernement ne peut être offciellement installé et c’est l’exécutif sortant qui continue de fonctionner, selon le principe de l’expédition des affaires courantes. Un fonctionnement provisoire, car comme le prévoit la loi organique, le gouvernement, même sans vice-président, entrera en fonction ce vendredi, soit 7 jours au plus tard après l’élection du président.

Le 16e gouvernement sera donc effectif ce vendredi, mais sans vice-président. Ses onze membres se retrouveront mardi pour définir et s’octroyer les secteurs de compétences. Thierry Santa a déjà annoncé qu’il ne prendra pas d’autres domaines de responsabilité que ceux qui lui sont dévolus par les textes comme la Sécurité civile et les relations extérieures et qu’il se consacrera avant tout à animer l’exécutif dans le respect du consensus et la collégialité.

Reste à savoir qui aura le secteur prioritaire de la santé et des comptes sociaux, car les indépendantistes semblent avoir déjà indiqué qu’ils n’en voulaient plus, situation oblige… En tout cas, les discussions vont bon train et devraient aboutir dès la fin de cette semaine.


Thierry Santa en bref

À bientôt 52 ans, père de quatre enfants, le nouveau président du gouvernement est né à Tahiti et venu s’installer dé définitivement en Nouvelle- Calédonie en 1991. Il a passé toutes les vacances de son enfance à Thio où vivait son père. Il a fait ses études supérieures à Bordeaux et avec un DESS d’administration des entreprises, il a intégré le service des finances de la maire de Nouméa avant de rejoindre, en 2000, la ville du Mont-Dore, recruté par Pierre Frogier en tant que secrétaire général de la commune. C’est à cette époque qu’il va adhérer au Rassemblement pour ne jamais en partir.

Collaborateur au gouvernement, chargé de mission à la Direction des affaires financières, il va suivre Pierre Frogier dès 2004. En 2013, il devient secrétaire général du Rassemblement. En 2014, il est élu à la province Sud et au Congrès et en 2015, il en devient le président jusqu’en 2018. Depuis le référendum du 4 novembre, Pierre Frogier lui a confié la présidence par intérim du Rassemblement. Thierry Santa est aussi devenu numéro 2 sur la liste de L’Avenir en confiance aux dernières élections provinciales.

C.S

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