Double infanticide à Païta

À l’occasion d’une conférence de presse Alexis Bouroz, le procureur de la République, a livré quelques éléments concernant l’affaire du double infanticide de Païta qui s’est déroulé ce matin, en baie de Toro.

L’histoire commence dans la journée de samedi, lorsque le père des deux enfants qui ont été tués ce matin à Païta envoie cinq SMS à son ancienne concubine qui vit à Pouembout. Séparés, les parents se sont réparti à l’amiable la garde des enfants. L’aîné est un garçon âgé de douze ans, sa petite sœur huit. Ils sont alors chez leur père qui réside entre Païta, où étaient scolarisés les enfants, et Dumbéa.

Les SMS inquiétants expliquent que si l’auteur présumé des faits ne récupère pas immédiatement les passeports des enfants pour se rendre en métropole, il les tuera. La brigade de Dumbéa est aussitôt alertée et des gendarmes se rendent au domicile du père. Ils constatent que les enfants vont bien, l’homme déclarant avoir envoyé ces messages pour donner une leçon à son ancienne concubine avec qui il vient de se disputer au téléphone. N’ayant aucun antécédent de violences ni signalement particulier, les gendarmes procèdent à un rappel à la loi.

Dans la journée de dimanche, l’homme de 37 ans tente à nouveau de contacter sa femme pour discuter du problème des passeports. N’y parvenant pas, il joint son entourage. Dans la nuit de mardi à mercredi, à 4 heures du matin, il prend la décision de réveiller les enfants et de les ramener à leur mère à Pouembout.

Sur la route, il la joint par téléphone avec qui il a une nouvelle dispute. Il change de destination et se dirige en baie de Toro où il se rend occasionnellement. Le père qui exerce la profession de soudeur décide de mettre le feu à son camion dans lequel il avait des armes et notamment un fusil à pompe. Au moment où son fils lui demande la raison de son geste, il tire sur sa fille puis sur son fils. En quittant les lieux, il croise des promeneurs à qui il aurait indiqué que des blessés se trouveraient sur la plage. Les personnes se rendent sur les lieux et contactent les services de secours. Pendant ce temps, l’auteur présumé des faits se rend à Païta où il se rend à la gendarmerie.

Le procureur de la République rappelle que les investigations ne font que commencer, il reste en particulier aux enquêteurs à entendre certaines personnes dont la mère, trop choquée pour être entendue en début de journée. Selon le magistrat, les déclarations du père qui ont permis de reconstituer le fil des événements semblent toutefois cohérentes avec la reconstitution qu’ont pu faire les gendarmes. Le père des enfants est toujours entendu dans le cadre de sa garde à vue. Le procureur de la République a précisé que l’homme présentait un test d’alcoolémie positif. Mais il reste de nombreuses questions sans réponses, à commencer par les motivations de ce passage à l’acte. Certaines réponses définiront la qualification des faits. Les chefs d’inculpation retenus contre le père pourraient être soit l’assassinat, soit le meurtre sur ascendants de moins de quinze ans. Dans les deux cas, la peine encourue est la perpétuité.

Texte et photo M.D

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