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Deva : le collectif Gouaro veut être entendu

L’accès au domaine de Deva a été bloqué samedi dernier durant quelques heures par le collectif Gouaro, regroupant plusieurs associations bouraillaises et autorités coutumières. Il dénonce les pollutions récurrentes sur le domaine de Deva et le peu de considération et d’écoute des collectivités.

Le blocage avait évidemment d’abord pour but de dénoncer la récente pollution aux algues vertes jugée « gravissime » et avec « certainement un impact irréversible pour le littoral ».

« Nous subissons aujourd’hui des pollutions d’importance ayant des origines variées sur notre patrimoine naturel, des algues recouvrent massivement nos plages, plus de 3 km d’ensembles récifaux sont complètement détruits (du creek salé à la faille de l’îlot Shark) et recouverts d’une couche d’algues impressionnante », s’insurge Emmanuel Hernu, secrétaire du collectif. Mais pour leurs membres, plus largement, cette nouvelle pollution illustre un mode de gouvernance « défaillant » des diverses collectivités qui engendre « des problèmes sociaux et culturels ».

« Désaveu »

« La mobilisation de la population bouraillaise dans son ensemble montre bien l’intérêt commun pour le domaine de Deva et notre environnement », poursuit Emmanuel Hernu, mais cela montre aussi, dit-il un « désaveu complet » de ce projet.

Au sein du collectif, on dit haut et fort qu’« aucun de ces problèmes n’existait avant la mise en place par la province Sud d’un « certain développement (soi-disant durable) sur Deva (Sheraton et golf ) ». Les associations environnementales, qui disent intervenir auprès des autorités depuis des années, constatent que « cette situation perdure ». « Nous en concluons que les gouvernants ne sont pas à l’écoute des citoyens que les intérêts divergent ».

Pour Emmanuel Hernu, il n’est donc plus possible de rester insensible face à la « négligence récurrente » des responsables institutionnels, « l’urgence » appelant à la protection du patrimoine naturel, en particulier à la barrière corallienne inscrite au patrimoine de l’Unesco jugée « en danger ».

« Activité prise en otage »

En raison de ce blocage, le ton est aussi monté côté province. Dans un communiqué publié samedi, la collectivité a dénoncé la détérioration de matériel de chantier (ce que dément le collectif) et ajouté que « les diverses revendications exprimées ne justifient pas que les activités économiques, les employés et les visiteurs du domaine soient pris en otage ». Pour cette raison, l’institution a ainsi fait savoir qu’elle se réservait le droit de porter plainte « pour réclamer des dommages et intérêts aux personnes identifiées comme responsables du blocage ».

Tout en étant consciente que le projet est par nature « sensible » et qu’il « véhicule de nombreuses passions », la province a toutefois rappelé que l’écoute et la communication restaient indispensables pour faire avancer le domaine de Deva. Et au final, le blocage a été rapidement levé, la collectivité ayant proposé de rencontrer le collectif le 15 février prochain à 8h30 à la maison de Deva en présence du président, Philippe Michel.

Attentes

Le collectif aura de nombreuses revendications à faire valoir : la préservation de l’intégrité naturelle du domaine ; la volonté de faire du littoral de Bourail (et de la zone tampon terrestre liée) une zone clé pour la biodiversité ; le maintien de la liberté d’accès et de circulation sur le domaine public maritime par le domaine de Deva et l’opposition à son entrée payante ; le maintien des modes de vie des communautés locales.

À terme, le collectif souhaite par ailleurs défendre les intérêts des populations en s’opposant au projet centre de vacances nature de Deva et de casino, et en soutenant plutôt les projets de développement durable et d’intégration sociale des associations de Bourail. Il souhaite « rendre transparente » la gestion de la SEM Mwe Ara et des diverses sociétés en activité sur le domaine où rappelle-t-il la représentation populaire est actionnaire.

Le collectif demande enfin à ce que soient clarifiés les domaines de compétences des différentes collectivités et exige le respect des engagements des protocoles et des conventions signés par la province Sud.

C.M.©F.M. Facebook : Collectif Gouaro


Ils forment le collectif

Le collectif regroupe le district de Ny, les propriétaires terriens de Gouaro (famille Mousse – famille Ataba – famille Wagoroua – famille Nedjimo – famille Gorodu, clan Arho Poya : famille Nikiriai) représentés par Hubert Teuet, tribu de Gouaro, comité de gestion ZCO, Bwara tortues marines, Bourail Dog Hunter, Ablepic, SPBD, SCALP, APLPH, Collectif 400, Union sportive de Ny (USN), Simple rythme de Bourail (SRB), Comité inter tribu de Burhaî, Tribal Dritf, Blûe Kwe de Gouaro, Néwé Dôwa de Burhaî et divers sympathisants.

Leurs objectifs : la défense des intérêts et des droits des clans et de tous les citoyens dans le développement économique et la protection environnementale de la région bouraillaise, « selon les principes de la Charte de l’environnement de 2004 et conformément à la convention pour la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel (ch II art 4,5,6 et 7 adopté à Paris le 16/11/1972). »

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