Désaccord sur la réforme de l’enseignement primaire

Les élus de Congrès ont adopté la réforme de l’enseignement primaire. Son examen a suscité de vifs débats dans la classe politique. Le groupe du Rassemblement-MPC a même déposé une motion qui a été rejetée.

Les délibérations que les élus du boulevard Vauban ont examinées portaient notamment sur l’organisation de l’enseignement primaire en Nouvelle- Calédonie et se situent dans la continuité du projet éducatif qui, contrairement à ce que Calédonie ensemble avait pourtant affirmé à plusieurs reprises, n’avait pas été voté à l’unanimité par le Congrès.

Mais avant le vote, le Rassemblement- MPC avait déposé une motion pour repousser l’examen de deux délibérations avançant qu’elles sont illégales parce que « ne respectant pas les délais de transmission prévus par le règlement intérieur du Congrès et qu’elles n’ont pas fait l’objet de concertation poussée avec les enseignants pour préparer ce texte ».

Virginie Ruffenach a tenu à préciser que cette réforme a été votée « en catimini, dans le dos des enseignants, sans concertation en plein mois de janvier. C’est un coup de Jarnac. Calédonie ensemble s’est appuyé sur les voix des indépendantistes pour voter ce texte ».

La secrétaire du Rassemblement a poursuivi : « Sachez qu’il contient, parmi de nombreuses dispositions, la mise en place d’écoles ou de sections bilingues kanak/français dans toutes les écoles et le plafonnement à un maximum de 15 minutes le temps de récréation pour une demi-journée pour les élèves ! Déplorable… Comment peut-on gouverner avec de telles méthodes la Nouvelle-Calédonie ? »

« Un instrument au service de la vision politique »

Pour les élus Calédonie ensemble, ces nouvelles mesures permettront « de mieux accompagner l’élève pendant toute sa scolarité pour qu’il réussisse », mais pour le groupe des Républicains calédoniens, qui a voté contre, « encore une fois, ce projet contient des bonnes choses comme la possibilité de l’enseignement du wallisien ou la précision des savoirs fondamentaux dans l’enseignement primaire. Mais en dépit de ces opportunités, on voit que ce projet porte la marque de la majorité Calédonie ensemble-FLNKS, qui veut faire de l’école un instrument au service de sa vision politique de la société (…) en continuant à imposer l’enseignement d’un socle de la culture et des langues kanak ».

Et Philippe Blaise, de rajouter : « On va même au-delà en prévoyant désormais des lières d’écoles bilingues, en français et en langue kanak qui, si elles se généralisent, entraîneraient une partition scolaire de la Nouvelle- Calédonie, tant au niveau des provinces que des communes. » Pour l’élu des Républicains calédoniens, au-delà de ce vrai désaccord de fond sur l’objectif de l’école en matière de cohésion sociale, il considère que ce projet n’aborde pas les vrais problèmes. « De ces vrais problèmes, que nous remonte le corps enseignant : la perte de l’autorité en milieu éducatif ; le doute sur le niveau réel de nos élèves faute d’évaluations objectives, sachant qu’il est de notoriété publique que certains élèves obtiennent le diplôme national du brevet sans en avoir le niveau. »

Enfin, et on ne pouvait que s’en douter, les indépendantistes ont voté la proposition de Calédonie ensemble. Pour eux, cette réforme tient compte des réalités calédoniennes, prévues par l’Accord de Nouméa.

C.S

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