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Des projets pour l’avenir de la Calédonie

Quatre projets calédoniens sont entrés dans les phase finales du concours Projets Outremer, lancé par le ministère des outremers, dans le cadre des Assises des outremers. Plusieurs prix seront décernés, en tenant compte notamment des votes du public. Voici une présentation des quatre projets calédoniens. N’oubliez pas de voter pour eux. Pour cela, rien de plus simple. Il suffit de vous rendre sur le site internet des Assises (www.assisesdesoutremer.fr) et de voter pour les projets de votre choix. Les gagnants empocheront la somme de 1,2 million de francs et l’accompagnement de leur projet pendant une année.

Catégorie culture

Les chemins de la pirogue : revitaliser les savoirs liés à l’Océan en Nouvelle-Calédonie

Ce projet porté par Marlène Dégremont, Jean-Krist Ukeiwe et Emmanuel Frantz vise à faire revivre les grandes pirogues en Nouvelle-Calédonie. Un dossier pas si évident qu’il n’y paraît et qui ne se limite à pas à faire venir une pirogue en Nouvelle-Calédonie. Le projet couvre de nombreux aspects, à commencer par l’aspect patrimonial. Un volet géré par Marlène Dégremont, doctorante en anthropologie, en partenariat avec l’ADCK pour la partie collecte de savoirs traditionnels qui existent toujours en Nouvelle-Calédonie. Si la fabrication de ces pirogues de voyages en haute-mer a disparue, ce n’est pas le cas des petites pirogues qui sont encore régulièrement construites, en particulier à l’Île des Pins.

Les chemins de la pirogue s’inscrive dans une dynamique plus globale au niveau du Pacifique de réappropriation de l’océan comme trait d’union entre les différentes îles et archipels. Cette dynamique est notamment porté par la fondation Okeanos qui aident les territoires insulaires a réinstaller des pirogues afin de promouvoir la protection de l’environnement.

Le second volet repose sur le premier puisqu’il concerne la partie enseignement. Le patrimoine collecté et communicable aura vocation à nourrir un enseignement et une identité commune. En Polynésie, ce travail est fait au niveau des écoles élémentaires. A Hawaï ou en Nouvelle-Zélande, très en avance, il existe même des enseignements à l’université autour de la pirogue autrement appelé Vaka.

Aïlé Tikouré qui travaille également sur le projet a pu se rendre en Nouvelle-Zélande pendant trois mois au sein de l’école de formation de la fondation Okeanos (pour apprendre à naviguer et à construire une pirogue). Ce voyage en début d’année devrait être suivit par d’autres. Le jeune homme souligne la richesse de l’enseignement qui permet de se recentrer sur des choses élémentaires. A Fidji, un des maître utilise la pirogue comme outil de réinsertion. « Sur une pirogue, trois choses vont te guider : la foi en soi, en son vaka et en son équipage », explique Aïlé Tikouré.

Ce renouveau de la pirogue à l’échelle du Pacifique permet aussi de resituer la Nouvelle-Calédonie dans son environnement géographique et de se rappeler qu’il y a encore peu, des liens étroits unissaient les peuples du Pacifique. Comme le rappellent les promoteurs du projet, dans les années 20-30, de grandes pirogues des îles Tonga venaient accoster sur les plages de Mou, par exemple. Plus qu’un simple bateau, le vaka est un véhicule culturel qui pourrait constituer un des éléments identitaires que la Calédonie chercher tant.

Le troisième et dernier volet est économique. Une étude faisabilité, financée grâce à une convention avec l’aire Iaai, est en cours à ce sujet. Elle devrait permettre de voir quel type de fonctionnement pourrait permettre de gérer une grande pirogue. Si l’étude apportera des précisions, nos voisins Polynésiens, Vanuatais ou encore Fidjiens ont développé des modèles économiques leurs permettant de financer la gestion d’un tel outil. Les vakas sont en particulier utilisé dans un cadre touristique mais pas seulement, elles permettent aussi de transporter de fret dans des endroits isolés et de maintenir des liens sociaux.

Au-delà du prix, la participation au concours vise surtout à faire connaître le projet et à fédérer les gens qui seraient intéressés pour y participer. L’idée est aussi d’attirer l’attention des pouvoirs publics sur l’intérêt d’un tel projet, tant du point de vue patrimonial, culturel, qu’économique, au moment où l’on cherche à donner une identité au tourisme calédonien mais aussi à proposer des contenus pédagogiques adaptés aux écoliers calédoniens.

Catégorie lien social

Théâtre forum conduites addictives parents ado, en tribus et villages

Ce projet de théâtre forum n’est pas tout à fait nouveau et est porté par une compagnie de théâtre bien connue. Pacifique et compagnie travaille sur cet outil de théâtre forum depuis une quinzaine d’années, suite à une formation dispensé par un Québécois. On doit cette forme théâtrale a été imaginé dans les années 60 par le Brésilien Augusto Boal. Ce théâtre de l’opprimé vise à faire parler les gens.

L’idée est dans un premier temps de montrer au public des mauvais comportements au travers de saynètes. Le public est ensuite invité à rejouer les scénarios de manière interactive avec la possibilité de changer l’histoire. L’un des avantage de cette technique est qu’il s’adapte parfaitement aux échanges intergénérationnels, permettant aussi bien de toucher les parents que les enfants. Cette forme de travail ludique débloque la parole et remet de la communication là où elle est devenue difficile estime les membres de la troupe de Pacifique et Compagnie. Des membres qui gardent des souvenirs assez forts de certaines séances. Tout le sens de l’exercice étant d’arriver à des prises de conscience.

Pour Pacifique et Compagnie qui travaille à longueur d’années avec les collectivités sur des programmes de sensibilisation autour des addictions, de la sexualité, des violences, de la parentalité, du handicap ou encore de l’alimentation, la participation à ce concours vise à diversifier ses sources de financement, notamment afin de faire face aux difficultés budgétaires des institutions. L’outil fonctionne déjà un peu partout sur la grande terre et sur les îles et il fonctionne. Selon un audit indépendant réalisé il y a deux ans, le théâtre forum a été plébiscité par le public.

Pour Isabelle de Haas, la créatrice de la compagnie, cette méthode permet d’utiliser théâtre comme un outil de partage et de débat. « On se sent utile, on fait notre part de colibri », résume la metteuse en scène. A noter que les comédiens ne travaillent pas tout seul. A chaque intervention, des professionnels de la thématique sont présents afin d’apporter les informations nécessaires au public.

Catégorique numérique

Cyber tribu : connecter les jeunes kanaks des îles

Vu de la ville, la tribu a parfois un côté un peu reculé, coupé du monde et de la civilisation. Il existe en Calédonie une véritable fracture numérique, notamment en raison du coût d’accès à la connexion internet. Le projet de Cyber tribu cherche précisément à lutter contre ce genre de discrimination en proposant un accès à internet et à du matériel informatique.

L’association jeunesse informatique (AJI) qui porte ce projet a été créé en 2009 afin de donner à tous ceux qui le souhaite la possibilité de se former à la pratique de l’informatique. En 2015, l’idée de la cyber tribu est née. Comme toute bonne idée elle est simple et consiste à proposer un lieu offrant un accès à internet, à du matériel et des ateliers numériques. Au-delà d’un simple accès à internet, la cyber-tribu est aujourd’hui le support de nombreux projets de créations numériques et de diffusion de contenus culturels. Plus qu’une simple connexion, la cyber-tribu contribue à faire du lien social grâce au numérique, de plus en plus utilisé par les clans et les tribus.

Catégorie production économique

Biotecal

Tout a commencé avec la fin de la thèse d’Elefthérios Chalkiadakis, chercheur en biotechnologie à l’université de Nouvelle-Calédonie. En 2013, il présente ses tous premiers résultats qui sont plutôt encourageants. Le projet est aussitôt incubé par l’Adecal technopole. Grâce à un concours et l’obtention d’une bourse de la Banque publique d’investissement, les travaux peuvent avancer. Elefthérios Chalkiadakis travaille également avec Etienne Lerat sur la commercialisation des produits et Rym Hadji pour la partie toxicologie.

Les promoteurs de Biotecal ont souhaité participer aux concours afin de faire connaître leur projet au grand public. Un projet de biotechnologie qui peut parfois paraître un peu compliqué. Concrètement, cela consiste à collecter des bactéries dans des milieux marins qui se trouvent entre la marée haute et la marée basse, de façon à trouver les bactéries les plus résistantes. Ces bactéries sont ensuite mises en culture (on les met dans des boîtes avec des nutriments), certaines produisant des molécules tout à fait intéressantes. C’est en particulier le cas d’une des 300 souches de la collection de Biotecal. Cette souche produit des exo polysaccharides plus simplement appelé EPS. Ces EPS constitue un antiride efficace pouvant avantageusement remplacer les molécules utilisées et provenant notamment de crêtes de coqs.

L’idée de Biotecal est de proposer des solutions utilisant les ressources marines, sans nuire au milieu puisque les collectes se font à l’aide d’un coton-tige et n’ont aucun impact sur l’environnement. Biotecal produit déjà cet antiride qui est utilisé par Botanik, une entreprise calédonienne de cosmétologie qui commercialise une crème à base d’EPS. Elle a également d’autres molécules en stocks mais pour lesquelles les tests ne sont pas encore avancés. Une des bactéries produit notamment du plastique biodégradable. Un produit intéressant qui pourrait être utilisé en chirurgie pour remplacer des vis, par exemple. Une autre des bactéries pourraient être utilisée en agriculture afin de produire un vaccin contre les champignons.

Si l’activité de biotechnologie peut paraître anecdotique, il faut bien voir que seulement quatre ou cinq sociétés dans le monde travaille sur ces questions et que les enjeux se chiffrent en milliards de dollars pour la cosmétologie mais aussi l’industrie pharmaceutique ou encore l’agriculture. Le gros avantage de Biotecal étant son lien avec le monde de la recherche et ses nombreux partenariat avec des institut comme l’IRD, l’Ifremer ou encore l’Adecal. Reste à trouver des partenaires financiers pour permettre le développement de l’entreprise. Des partenaires qu’Elefthérios Chalkiadakis est actuellement en train de rechercher en Europe.

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