Des heurts en marge du vote du référendum

Si la journée du 4 novembre a été très calme, dès la nuit tombée, des faits se sont produits sur Nouméa et le Grand Nouméa. La situation a dégénéré, essentiellement à Saint-Louis, dès le discours du président de la République. La chronologie de ces derniers jours.

La journée de dimanche a commencé par l’interpellation de deux jeunes hommes qui souhaitaient planter un drapeau Kanaky au sommet de la tour Mobilis, à Nouméa. Ensuite, le scrutin s’est déroulé dans un calme exemplaire, à part quelques petites interventions obligeant des indépendantistes à ranger leurs drapeaux et couper la musique devant les bureaux de vote.

C’est à la nuit tombée que les premiers incidents ont éclaté. Peu avant 20 heures, un véhicule a d’abord été incendié rue Chateaubriand, à Rivière-Salée, obligeant la police et les pompiers à intervenir. Au même moment, de petits groupes ont caillassé des automobilistes et mis le feu à des poubelles dans les quartiers de Montravel, Rivière-Salée et Kaméré. La soirée s’est quelque peu emballée lorsqu’un incendie a éclaté au dépôt Toyota (anciennement Impérial), à Montravel, où huit voitures ont été détruites par le feu.

Autour de minuit, une maison coloniale située au centre-ville de Nouméa s’est embrasée. C’était l’ancienne animalerie de l’avenue Foch à côté de la place des Cocotiers. D’importants moyens de lutte anti-incendie ont été déployés pour éteindre le brasier. Une mineure de 17 ans, bien connue de la justice, a été arrêtée.

Dérapage à Saint-Louis

Tout a commencé en début de soirée lors du dépouillement par un pneu brûlé au milieu de la RP1, deux incendies signalés en bord de voie sans que la circulation ne soit gênée, quelques coups de feu tirés en l’air. Mais, vers 23 h 30, à l’approche du résultat définitif et après la déclaration du président de la République, la RP1 a été coupée par des manifestants aux abords de Saint-Louis. Les gendarmes ont dépêché sur place un hélicoptère, cinq véhiculés blindés et 65 hommes.

Dans la journée du lendemain, les forces de l’ordre ont donné l’assaut pour neutraliser les émeutiers. Pierres contre VBRG (véhicules à roue de la gendarmerie), les barrages ont été enfoncés par les véhicules de la gendarmerie, les voitures brûlées et encombrants qui coupaient la chaussée ont été poussés et les manifestants ont été noyés dans un nuage de gaz lacrymogène. La gendarmerie a sécurisé en grande partie la zone, mais n’a pas rouvert la circulation sur la RP1.

Païta et ailleurs

La route du littoral a été bloquée lundi en soirée quand la tension est montée entre un groupe d’individus postés à la hauteur de la tribu de N’Dé et les forces de l’ordre. Une intervention a été menée pour repousser une trentaine de fauteurs de troubles positionnés au pont de N’Dé. Ce mouvement a rendu tout simplement impossible l’accès à la route du littoral. Déjà dans l’après-midi, des incendies de pneus et de palettes avaient été déplorés. Deux personnes ont été blessées à gros coups de pierre, l’une au bras et l’une autre à la tête.

Lundi toujours, des caillassages ont également été constatés à hauteur du col de la Pirogue ainsi que la mise en place de pneus brûlés sur la chaussée. Le dépotoir municipal du Mont-Dore s’est embrasé.

 

Lundi après midi, deux petits feux de brousse ont été remarqués derrière le lycée Jules- Garnier où des élèves ont dû être évacués et le soir venu, un caillassage a touché un bus à Kaméré. Karuia préférant ne pas desservir ce quartier jusqu’à la n de la semaine.

Retour à un calme relatif

Dans la nuit de lundi à mardi, deux voitures appartenant à des internes ont été incendiées et deux autres atteintes par les flammes sur le parking du Médipôle. Cinq autres voitures neuves ont aussi été brûlées dans le parking sous douane de la concession Volkswagen, à Magenta.

Du côté de Saint-Louis, la RP1, entre Thabor et le rond-point de la Coulée, était toujours bloquée le matin par les forces de l’ordre alors que des pneus brûlaient après la Coulée en direction du col de Mouirange. Les Mondoriens se sont organisés avec des navettes maritimes.

Les forces de l’ordre ont continué à sécuriser la zone toute la matinée laissant passer les véhicules des services municipaux qui ont procédé au nettoyage de la zone durant plusieurs heures.

En début d’après-midi le dispositif militaire a été allégé et la réouverture à la circulation a suivi.

Par ailleurs en soirée, à proximité du lotissement des jardins de Bélep, au Mont-Dore, une voiture a été victime d’un caillassage et une carcasse de véhicule a été incendiée. Un peu plus tard, c’est l’hôtel Le Grand Cerf, à Koumac, qui a été touché par les flammes. Une enquête a été ouverte pour connaître l’origine de l’incendie même si la piste criminelle est privilégiée.

Le procureur de la République, Alexis Bouroz, a tenu à indiquer, en lien avec ces agissements et heurts, que « contrairement à une fausse information véhiculée par certains réseaux sociaux, aucune permission de sortir et/ou libération anticipée de détenus du Camp-Est n’ont été accordées par monsieur le haut-commissaire à l’occasion du référendum (…) L’assertion d’une sortie importante de détenus est donc totalement infondée. » Le procureur indique également que les violences récentes commises à Nouméa, Saint-Louis et Païta font l’objet d’enquêtes judiciaires « menées avec détermination par le commissariat de police, la compagnie de gendarmerie de Nouméa ainsi que la section de recherches de Nouvelle-Calédonie », et ce, afin d’en identifier et interpeller leurs auteurs.

C.S

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