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« On a deux trains lancés sur une voie unique. » Cette phrase prononcée cette semaine par Alain Christnacht, l’un des artisans des accords, résume bien notre situation post- référendum. Le scrutin s’est heureusement déroulé de manière satisfaisante. Il n’est contesté par personne et a permis aux Calédoniens de s’exprimer massivement sur leur avenir, ce qu’ils n’avaient pas eu l’occasion de faire depuis des décennies. Il n’y a pas eu de rejet communautaire exacerbé. Succès démocratique donc. Mais le résultat ne nous avance pas beaucoup.

La bonne nouvelle, c’est que nous restons dans la France avec 56,7 % de vote pour le « non ». Une large majorité, mais moins confortable qu’espérée.
43,3 % des Calédoniens désirent en effet l’indépendance et surtout 80 % de cet électorat sont mélanésiens. La dimension identitaire n’avait pas été suffisamment jaugée. Et peut-être aussi la dimension sociale. La Calédonie reste clivée politiquement, ethniquement, mais aussi géographiquement à l’échelle des provinces, des côtes, des villes et des quartiers.
Nous avons donc deux visions, deux gros ensembles de population qui ne veulent pas la même chose. Les uns, l’indépendance – d’ailleurs quel que soit ce que l’on connaît de l’ « après » – les autres, une Calédonie française ou du moins, pas l’indépendance.

Le pari des accords était d’arriver vers cette période à une solution consensuelle, dans l’indépendance ou la République. Ils ont apporté d’extraordinaires avancées, mais force est de constater que dans le fond, personne n’a convaincu personne sur une solution ou une autre.
Les indépendantistes auront l’opportunité d’organiser deux autres référendums, facultatifs, que les loyalistes espéreraient éluder par un « non massif ». Entre une majorité confortée, mais fragilisée et une minorité qui n’est pas parvenue à ses fins, mais se trouve ragaillardie, ce sera forcément plus compliqué.

Il est à craindre que nous repartions sur quatre années d’incertitude et que le résultat diffèrera peu. Au final donc, que ce soit aujourd’hui ou dans quatre ans, le pari de nos anciens restera le même : trouver un juste milieu.

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