Chúc mừng năm mới

Les communautés sino-vietnamiennes du territoire ont célébré le nouvel an lunaire lundi entre festivités et traditions. Un passage plutôt joyeux dans l’année du Cochon de terre, qui s’annonce prometteuse. Jean-Pierre Dinh, consul honoraire du Vietnam, nous a reçus au premier jour de cette nouvelle année, pour transmettre ses vœux aux Calédoniens. Il espère que 2019 apportera quelques changements…

DNC : Tout d’abord bonne année ! Les festivités se sont-elles bien passées ?

Jean-Pierre Dinh : Oui, la communauté a fêté la nouvelle année comme il se doit. Une partie était à l’amicale vietnamienne – environ 350 personnes – d’autres étaient en famille ou en groupe. Je remarque que les gens fêtent de plus en plus la nouvelle année entre eux.
La communauté catholique a participé à une messe donnée par le père Jean-Paul et un prêtre arrivé du Vietnam, deux nouveaux diacres vietnamiens et deux curés de Nouméa. Nous avons fait un pot de l’amitié. Chez les bouddhistes, il y avait aussi des rencontres, ce mardi.

Quelles sont les immanquables traditions du nouvel an ?

Si on suit réellement la coutume, les enfants vont honorer les morts, les ancêtres, durant la journée. Les bouddhistes font des offrandes, du riz, des fruits sur les autels. On y place de l’encens. Avant de manger, les plats sont offerts aux ancêtres, les recettes, tous les menus. On ne touche pas un fruit, si on n’en a pas offert un d’abord ! Avant minuit, il s’agit de faire des offrandes aux esprits, (comme l’esprit de la Terre), cela concerne surtout les bouddhistes.

Le lendemain, les catholiques vont à la messe pour demander la protection de Dieu. Théoriquement, le même jour, on attend aussi la première personne qui passe chez nous. On cherche une personne qui est bien dans tous les domaines. Ma mère avait ainsi fait venir quelqu’un à mon domicile, au terme d’une année difficile pour moi, pour inverser la tendance.

Le midi, les familles ont généralement un repas familial. On donne aux enfants des petites enveloppes rouges. Dans la journée, on apporte aux amis les bons vœux pour porter chance. On accroche des souhaits. Les traditions se gardent bien. Ceux qui sont ne sont pas repartis au Vietnam sont forcément influencés par la culture européenne : on fait la fête, c’est un peu moins traditionnel. Mais les nouveaux arrivants font tout dans les règles. C’est pareil dans la nourriture, il y a des éléments qui diffèrent, des adaptations. Pour eux, c’est encore plus important, en particulier pour les bouddhistes. S’ils pouvaient, ils feraient péter le pétard ! Et décoreraient leur maison avec les fleurs de pêcher.

Que dit-on au sein de la communauté sur la signification de l’année du Cochon ?

Le cochon, théoriquement, c’est l’opulence. Chez les Français, regardez, on s’en sert en tirelire ! Dans tous les repas vietnamiens, il y a du porc. Et selon la légende, l’astronomie chinoise, lors d’une invitation du roi, le premier animal à s’être présenté était le cochon. Le cochon représente la fête, la joie. C’est un animal riche, gras. Donc, c’est plutôt de bon augure.

Que souhaitez-vous pour 2019 ?

Pour la Calédonie, j’espère voir du changement. Au sein de la communauté, il y a de véritables inquiétudes. Le commerce est morose. La communauté est très touchée. Il y a eu la TGC, les impôts. Ça représente beaucoup de travail en plus. Et si certains prix ont baissé, d’autres augmentent tellement qu’on se demande où on va. C’est n’importe quoi !

Autre problème pour le quartier asiatique à Nouméa ou la Vallée-du-Tir, ce sont les travaux. On a l’impression qu’ils ne vont jamais se terminer. C’est fait n’importe comment. Beaucoup de travaux pour très peu de choses. En plus, on a fermé l’hôpital, ça fait aussi du monde en moins ! Cela fait plus d’un an que les commerces tirent la langue ! C’est énorme. Les gens ne s’en sortent pas, il y a des magasins qui ferment. Le quartier asiatique est mortel ! Des gens cherchent à vendre, mais n’y arrivent pas. Donc j’espère que les travaux vont s’achever et que le commerce va repartir.

Je souhaite plus largement une année de paix pour la Calédonie. J’espère aussi que les élections vont permettre de changer les choses. Les gens ont peur des référendums et ils ne dépensent pas. Mais il faut que l’économie reparte. Pour moi, les référendums ne vont rien changer. Mais il faut bien se rendre compte que, même au sein de notre communauté, quand les gens voient comment fonctionne le pays, ils se demandent ce qu’il se passe dans la tête de nos politiciens, ceux qui nous dirigent et il y en a même qui se demandent si ce ne serait pas mieux d’accéder à l’indépendance ! Après, la communauté vietnamienne travaille beaucoup, mais ne dit rien. C’est peut-être une bonne chose, mais peut-être aussi un tort.

Qu’est-ce qui est mis en œuvre pour la conservation des traditions vietnamiennes ?

L’amicale est plus ou moins le gardien des traditions, de la culture. Il y a des cours de vietnamien et de danse.
Notre rôle est un peu di érent au consulat honoraire. Nous donnons des cours de français avec le Creipac et proposerons prochainement des cours de vietnamien également. Nous nous occupons des examens pour l’obtention de la nationalité française, des passeports, des visas, des mariages…
Nous faisons venir des troupes aussi. Après, ce n’est pas évident. Nous ne sommes pas très nombreux ici (entre 3 000 et 3 500) et les Vietnamiens du Vietnam ne connaissent pas vraiment la Nouvelle-Calédonie. Je prépare aussi un voyage d’une délégation pour les 60 ans du rapatriement des Vietnamiens calédoniens au Vietnam.

Ce rôle vous plaît-il ?

Oui, parce que quand je réussis un dossier ou que je peux aider quelqu’un, j’ai quand même une petite erté personnelle. J’ai l’impression de pouvoir aider les gens concrètement. Dès qu’il y a un problème, je suis là. Je peux mieux aider la communauté. Et voyez, ce matin, de nombreuses personnes sont venues me souhaiter la bonne année. Ça fait plaisir !


Les festivités se poursuivent

Les Chinois célébreront le nouvel an ce samedi, à Tina. Près de 300 personnes sont attendues.

Une fête du Têt est organisée par l’association Nouméa centre-ville le samedi 16 février de 9 h à 16 h au quartier asiatique.

Une journée des anciens est prévue le dimanche 24 février à l’amicale vietnamienne de Tina.

C.M

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